C'est un appel de détresse que je lance. Ma commune s'impose d'accueillir près de 8 000 rescapés du séisme dont certains ne sont pas originaires de la région. Vendredi, pour l'ensemble du département, les services de la protection civile en avaient déjà enregistré 80 750. Plusieurs orphelins, égarés, hébétés, venus d'un ailleurs dont ils ne se rappellent pas le nom hantent les campagnes. Il a fallu les prendre en charge, sans assistance sinon grâce a la générosité de quelques amis haitiens, antillais, français, belges et la générosité de quelques familles paysannes auxquelles la mairie a donné par enfant une ration d'un demi kilo de riz et une boite de lait. Geste derisoire qui ne suffit pas a pallier un certain inconfort … moral ni à me donner bonne conscience comme représentant d'une … autorité pratiquement faillie. J'ai découvert dans le yeux hagards de ces enfants affamés, qui avaient attendu sur les quais de Port-au-Prince plus de huit jours avant d'être évacués vers leurs lieux présumés d'origine ce que peut être l'indignité d'un pouvoir central qui de plus en plus s'absente de ses territoires de responsabilité.