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Première abolition de l’esclavage en 1794 à Ste-Lucie

Sainte-Lucie - coeur de la bataille De toutes les îles anglophones actuelles, Sainte-Lucie est la seule à avoir vécu la première abolition de l’esclavage (1 août 1834) dans les colonies françaises, même si ce ne fut que pour une année. Non seulement les marrons Saint-Luciens ont affirmé leur propre identité mais ils étaient prêts à mourir pour préserver cette liberté pour laquelle ils s’étaient battus. Ce qui s’est passé à Sainte-Lucie fait partie intégrante de cette tumultueuse période de l’histoire de la Caraïbe et du monde entier. Gregor Williams, auteur du  texte qui suit, conclura :  « Le marron définit sa propre identité »

Ste-Lucie et la revolution française par Gregor Willliams – traduit de l’anglais.
Introduction
La déclaration de l’abolition de l’esclavage dans leurs colonies par les Anglais le 1 août 1834 est généralement considérée comme la première abolition dans les colonies européennes. Le 23 août est maintenant officiellement reconnu par l’UNESCO comme la date de commémoration de l’abolition de l’esclavage à l’échelle mondiale. Bien qu’antérieures, les déclarations d’abolition en Haïti et en Guadeloupe, sont ignorées la plupart du temps.
La première déclaration de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises date d’août 1793 en Haïti, et fut officiellement ratifiée par l’Assemblée Nationale le 4 février 1794. Ces événements ont lieu pendant les cinq années de la Révolution française. Saint-Domingue, Guadeloupe, Marie-Galante et Sainte-Lucie sont les seules à avoir réellement profité de la première abolition, car la Martinique est aux mains des Anglais qui y maintiennent les lois françaises sur l’esclavage.

A cette époque, Sainte-Lucie est une colonie française bien établie, avec une population comprenant 17 992 esclaves, 1 588 gens de couleur et 2 198 blancs, pour un total de 21 778 habitants. De toutes les îles anglophones actuelles, Sainte-Lucie est la seule à avoir connu cette liberté même si ce ne fut que pour une année. Le chapitre saint-lucien de cette période de l’histoire de la Caraïbe n’est pas bien documenté, car la plupart des comptes-rendus de la Révolution française dans les îles est centrée sur les événements de Saint-Domingue (Haïti). 

(…) Il y a de l’agitation dans tout l’Empire français, mais dans les îles se déroule une histoire très différente de celle qui se passe en France. Dans la plupart des territoires tous sont pour la liberté, mais pour des raisons différentes, intrigues, luttes pour le pouvoir et conflits couvent alors partout.

Réaction des esclaves à la liberté
(…)

Selon un vieux proverbe ashanti: « on est l’esclave de celui qui nous menotte »

Nul ne peut évoquer l’abolition sans faire référence au système esclavagiste ou à des lieux précis. Ce qui particularise la période étudiée est l’étendue et l’ampleur des soulèvements, qui se répandent également dans les îles anglaises. La thèse selon laquelle les éléments radicaux en France ou envoyés de France précipitèrent les soulèvements constitue une distorsion. Néanmoins, la tournure des événements offre aux esclaves certains avantages et leur fournit des occasions, inconnues jusqu’alors, de se révolter. Leur succès est également attribuable aux divisions parmi les blancs, aux protestations des gens de couleur et aux  acquisitions d’armes par les esclaves.
Le 30 août 1789, les esclaves de St-Pierre en Martinique réclament leur liberté. Ils déclarent que le roi leur a rendu leur liberté et que les planteurs leur cachent la vérité. Cette révolte fut brutalement réprimée. En Guadeloupe, la même année a lieu une rébellion d’esclaves à Sainte-Anne.

Sainte Lucie la fidèle : républicains et révolutionnaires

Entre septembre 1790 et août 1792, des conflits et batailles éclatent dans toutes les îles, planteurs contre les nouvelles lois, gens de couleur contre blancs, esclaves contre tous. A Sainte-Lucie, le 1er janvier 1791, les esclaves d’un domaine de Soufrière réclament leur liberté pour le premier de l’an. Les meneurs sont arrêtés par la milice. Les femmes décident de protester contre les arrestations jusqu’à ce que les hommes soient libérés. Néanmoins les leaders sont décapités et leurs têtes exposées publiquement sur des piques à travers toute la région.


Les 21 et 22 août 1791, les esclaves embrasent Haïti. C’est un désordre indescriptible. L’agitation règne partout. A Paris, le Roi Louis XVI est arrêté le 10 août.  Un gouvernement révolutionnaire républicain est créé en septembre, et le Roi est guillotiné par ses citoyens le 21 janvier 1793.

Le 5 février 1793, les Français déclarent la guerre aux Anglais ; ces derniers envahissent Saint-Domingue, où les planteurs sécessionnistes français collaborent avec les forces anglaises lors de l’invasion. Le gouvernement français envoie des troupes dirigées par les Commissaires Sonthonax et Polvérel à Saint-Domingue et Rochambeau aux petites Antilles pour repousser les Anglais et contrôler les planteurs rebelles.  Pourtant les planteurs auront le dessus contre les troupes de France.


Les Commissaires français sollicitent l’aide des troupes noires rebelles commandées par le leader noir Toussaint Louverture qui combattent sur le front est avec les Espagnols contre les Français. Ils offrent la liberté aux esclaves qui rejoindraient  l’armée française, ils n’ont pas le choix s’ils veulent éviter la défaite des Français de Saint-Domingue. Dans le nord de l’île  (Haïti), le 29 août 1793, le commissaire français Sonthonax, de sa propre initiative, libère les esclaves. Cet acte sera ratifié ultérieurement par la Convention nationale le 4 février 1794 à Paris. La première abolition de l’esclavage s’appliquait à toutes les colonies françaises. A Saint-Domingue, les troupes noires battent les blancs et les Anglais et par-là le régime de l’esclavage. Ils consolident leur position par la force des armes et la diplomatie et prennent le contrôle de la colonie. Ils mettent en déroute une grande expédition envoyée par Napoléon en 1802, pour rétablir l’esclavage. Sous Christophe, les anciens esclaves établissent la première république noire des Amériques.

Au début de 1794, les Anglais envoient des forces pour prendre les îles françaises restantes. A la fin d’avril 1794, ils les ont toutes reprises et contrôlent dorénavant les îles de la Caraïbe sud, depuis la Dominique jusqu’à Tobago.

 L’Armée française dans les bois 

« Dans la Caraïbe française, les insurrections d’esclaves faisaient partie d’un processus fondamentalement politique. Ce n’est pas tellement parce que les esclaves étaient influencés par la Révolution française dans le domaine des idées, mais plutôt parce qu’ils réagissaient à cet élément d’un processus énamant directement des pouvoirs et sociétés métropolitains. Ces mouvements, à l’échelle de toute la Caraïbe de l’époque, partagent clairement les même caractéristiques, se faisant l’écho de la Révolution Française, mais c’est uniquement en Caraïbe française qu’ils faisaient directement partie d’une révolution dont la signification centrale était politique » [Anne Pérotin-Dumon, 1991, pp.128-129].

Les Anglais débarquent à Sainte-Lucie le 1er avril 1794, et comme à Saint-Domingue certains planteurs collaborent avec eux. Le Général, Sir Charles Gordon, est au commandement. Il saisit des propriétés qui sont ensuite vendues aux enchères. Pire, il accepte des paiements de propriétaires saisis mais les déporte néanmoins. Gordon est jugé par la cour martiale et le Lt Colonel James Stewart prend le commandement. Les Républicains saint-luciens dirigés par Marin Pedre et Marinier, deux hommes de couleur libres originaires de Gros Islet, prennent les armes contre les Anglais et trouvent refuge dans les montagnes de l’intérieur où les Marrons sont déjà cachés. Dans cette situation chaotique, de nombreux esclaves en fuite rejoignent les Marrons et les Républicains dans la forêt. Sainte-Lucie devient un refuge pour les Républicains déportés dont beaucoup viennent de Guadeloupe pour rejoindre leurs partisans saint-luciens. Ils se nomment eux-mêmes : « L’Armée française dans les bois ».  Tous ensemble ils engagent la guerre contre les Anglais.
A cette époque, la nouvelle que les Français ont déclaré la liberté des esclaves se répand rapidement dans les îles. Les esclaves rejoignent les Républicains et pour contrer ce mouvement, Stewart offre l’amnistie aux Noirs marrons et esclaves en fuite qui souhaiteraient revenir : seules huit personnes profitent de son offre.

Victor Hugues et la Révolution : des généraux et des révolutionnaires noirs

Plus inquiétant pour les Anglais fut l’arrivée de trois commissaires français, envoyés de France avec 5 bâtiments et 1500 soldats pour sauver la Guadeloupe des Anglais. L’un d’eux, Victor Hugues, s’autoproclame chef. Il a été Procureur public pour le Comité de Salut Publique de Rochefort en France. Hugues est mulâtre, ardent républicain et soldat intrépide. Il change les règles et procédures de la guerre révolutionnaire. « Compétent et impitoyable » est la meilleure description qui en est faite par ses ennemis anglais.
En mettant pied à Gosier en Guadeloupe le 7 juin 1794, Victor Hugues lance son désormais fameux cri de bataille « Un gouvernement républicain ne supporte ni chaîne ni esclavage » [Martineau & May, p.209].  Avec un grand courage, il bat la garnison anglaise, bien supérieure, et dans une série d’attaques audacieuses il défait les Anglais et les forcent à évacuer la Guadeloupe. Avec l’expulsion des Anglais en décembre 1794, tous les esclaves de Guadeloupe sont désormais libres. Hugues cherche alors à augmenter ses maigres forces réduites en levant des troupes noires parmi les esclaves libérés. En trois mois, par sa politique de levée en masse, il a augmenté ses forces de 10 000 soldats et 5 000 marins.

A partir de la fin février 1795, Hugues commence à envoyer des hommes armés en uniforme révolutionnaire et des provisions pour attaquer Sainte-Lucie et les îles anglaises de Saint-Vincent et Grenade.  Des révoltes éclatent dans ces îles immédiatement après.
Une insurrection d’esclaves a lieu à cette époque à Sainte-Lucie : les destructions sont à l’échelle de l’île, les blancs sont attaqués et les domaines brûlés.  Sept des onze villes et villages sont détruits, seules Castries, Soufrière et Gros Islet échappent à la destruction [Archives nationales, Martinique, C8A, 104, Folio 189 - Gachet].

Une force expéditionnaire de troupes républicaines débarque à Soufrière, qui est devenue la place forte révolutionnaire. Elle se compose de 600 soldats entraînés, blancs et noirs, envoyés par Victor Hugues, parmi eux se trouvent Magloire Pelage et Louis Delgrès. Ils sont rejoints par 250 républicains locaux sous les ordres du Général Saint-Lucien  Marinier, nommé commandant par Hugues. De plus, près de 300 noirs, dont la plupart ne portent que des piques même si certains sont armés de fusils pris aux Anglais, ont rejoint les rangs républicains. D’autres esclaves révoltés les rejoignent et aident à des tâches non militaires. Quand il débarque le 18 avril, le commissaire Goyrand proclame l’abolition de l’esclavage.

Les troupes anglaises sous le commandement du Lt Col James Stewart débarquent à Vieux Fort et par voie de terre montent attaquer la garnison républicaine de Soufrière. Ils combattent à Fond Doux, dans la bataille de Rabot le 22 avril 1795. Les troupes de Goyrand, campées avec des canons battent les Anglais qui retournent à Castries.

Les Anglais furent défaits également à Pigeon Island et Vigie. Le 17 juin, toutes les positions militaires de l’île sont prises par les forces républicaines qui se préparent alors à donner l’assaut final sur le Morne Fortuné. Dans la nuit du 18 au 19 juin, les Anglais fuient silencieusement sur leurs bateaux vers les possessions anglaises de Martinique. A l’aube, le 19 juin, les soldats républicains, noirs et blancs, fêtent leur victoire sur les troupes anglaises au cri de « Vive la République! » Les Républicains français ont reconquis Sainte-Lucie. L’abolition de l’esclavage, déclarée par les Français depuis le 4 février 1794 a enfin pris effet dans l’île.

Goyrand et l’Année de la Liberté

Saint-Lucie vit sa première année de liberté sous le drapeau révolutionnaire français. Vive la République est le slogan. Etre libre c’est être républicain. En charge de la Colonie, Goyrand traduit les planteurs royalistes devant les tribunaux révolutionnaires et plusieurs d’entre eux perdent la tête sur la guillotine amenée par ses soins à Sainte-Lucie.

Goyrand selon Gachet : « Après la prise de l’île par ses troupes, décrit-il en substance, les principaux responsables ont quitté Sainte-Lucie avec les Anglais. Cette île a été négligée sous l’Ancien Régime. Il y a maintenant 900 Blancs et 13 000 Nègres ici. La majeure partie de la terre n’est pas cultivée, mais l’agriculture est encore vivante… Dès que Carénage est tombé en nos mains, j’ai entamé l’établissement d’une administration temporaire. J’ai enjoint tous les hommes à retourner chez eux et à reprendre leurs occupations habituelles.. Il y eut des désordres et quelques pillages. Mes ordres ont été heureusement suivis dans six municipalités que j’ai créées dans la colonie. Ces municipalités ont à leur tête certains bons Africains et hommes de couleur qui savent lire et écrire. Ce qui prouve que tous jouissent de leur liberté civique et de leur égalité politique en accord avec la Constitution française. Les autorités municipales ont été invitées à me rendre compte des événements et comportements publics chaque décade. Les maires font office de  policiers et peuvent convoquer l’armée. J’ai décidé que les châtiments ne devaient être infligées qu’aux traîtres susceptibles d’entretenir des correspondances criminelles avec la Martinique ou tentant de soulever les Africains par des discours ou des actions séditieuses ou de les encourager à suivre des adversaires de la Révolution pendant l’occupation anglaise. J’ai statué dans une proclamation officielle que les droits civiques seraient respectés et qu’aucune action injuste ou arbitraire ne serait  tolérée. La loi n’a puni que les plus méchants. Les maisons des émigrants ont été mises sous séquestres. Leurs femmes et enfants ne sont pas autorisés à correspondre avec eux. Les Africains à la tête des municipalités se sont bien comportés et ont été respectueux de la loi. Je leur ai demandé d’être bienveillants et justes dans leurs rapports avec leurs subordonnés. Quoi qu’il en soit, j’ai réquisitionné les récoltes… ».
[Goyrand au Conseil, cité in Gachet, Hist. R. C. Ch. p. 72]

Goyrand commence alors à mettre l’île sur le pied de guerre. Hugues ordonne une campagne d’expansion de la Révolution aux îles anglaises par les révolutionnaires noirs. Goyrand envoie des renforts à Saint-Vincent et Grenade, et des expéditions en Martinique occupée par les Anglais. Sainte-Lucie devient le tremplin de la révolte dans les îles anglaises de Saint-Vincent et Grenade.

En avril, les Anglais commandés par le Général Abercromby envahissent Sainte-Lucie une nouvelle fois. L’esclavage est rétabli officiellement. Sainte-Lucie est de nouveau restituée à la France en 1802, sous Napoléon. Après une nouvelle capture de l'île par les Anglais en 1803, le Code Noir est maintenu comme loi régissant l’esclavage.

L’histoire de la période évoquée ici fait partie de l’histoire de France, des Antilles et de la Révolution française. Un examen minutieux des documents révèle le rôle important et souvent héroïque des gens de la Caraïbe dans leur propre histoire. Les Saint-Luciens, également, ont joué un rôle important dans cette période de leur histoire. Ce qui s’est passé à Sainte-Lucie n’est pas secondaire, mais fait partie intégrante de cette tumultueuse période de l’histoire de la Caraïbe et du monde entier.

Camus, cité par Orlando Patterson dans son ouvrage « Sociologie de l’esclavage », nous rappelle que « Chaque révolte tacitement ‘invoque une valeur’. Cette valeur est une chose ancrée profondément dans l’âme humaine, une valeur découverte dès qu’un sujet commence à réfléchir sur soi-même et par-là inévitablement arrive à la conclusion que ‘Je dois devenir libre – c’est-à-dire ma liberté doit être conquise’. En dernière analyse, c’est la découverte de cette valeur universelle qui justifie et pousse le plus docile des esclaves à se rebeller. Se rebeller contre l’esclavage c’est affirmer sa propre humanité. »

La mort de milliers d’hommes et femmes dans les plantations et sur les champs de batailles des Antilles en témoigne. Le Général anglais Sir John Moore écrit que 400 rebelles ont été blessés, tués et pendus durant 15 longs mois de guérilla. Ils ont choisi d’assumer les conséquences de leur opposition et n’ont pas accepté son offre d’amnistie. C’était un acte héroïque. Non seulement les marrons saint-luciens ont-ils affirmé leur propre identité mais ils étaient prêts à mourir pour préserver cette liberté pour laquelle ils s’étaient battus.

En refusant de se rendre au Général Stewart en 1795, les esclaves africains et créoles de Sainte-Lucie définissent clairement leur idée de la liberté. Ils réaffirment et renforcent leur position en refusant une nouvelle offre d’amnistie, celle du Brigadier Général Moore au cours de la guérilla de 1796-97. Ils ont rétabli leur dignité et réaffirmé leur humanité; ils se sont aussi appropriés l’île, à un  prix qu’ils ont ainsi pleinement payé de leur sang.
C.L.R. James notait dans Black Jacobins que « Les Antillais pour la première fois ont conscience d’eux-mêmes avec la Révolution haïtienne » ” [Appendix: From Toussaint … to …  Castro].  Alors que les Saint-Luciens semblent être devenus un peuple.

J’aimerais clore avec une citation de Dr. Hilary Beckles de l’Université des West Indies, qui écrit en 1997 : “Si les Africains ne s’étaient pas rebellés, et n’avaient pas de façon générale dérangé la ‘paix impériale’, est-ce que les peuples des Amériques seraient capables aujourd‘hui de se présenter comme les défenseurs de la Liberté, de la justice, de la démocratie et de ‘l’idéal du mérite’ ? »
« Est-ce que les esclaves africains en tant que « peuple » n’ont  pas établi  les bases d’une tradition radicale qui nous a conduit vers l’anticolonialisme, la liberté politique et les droits souverains des individus et des nations ? Si les Africains n’avaient pas insisté sur leur liberté et n’avaient pas utilisé des moyens extrêmes pour l’obtenir, aurions-nous une culture politique qui n'ose pas refuser  la centralité de la liberté individuelle ? »

“Le marron définit sa propre identité” Gregor Williams.
……………………………

Photo :
These are from the re-enactment of the battles by secondary and primary school students of Saint Lucia
in UNESCO’s associated Schools Project, to commemorate UNESCO marking the Year of the Abolition of the Slave Trade and Slavery, 2004.

Gregor Williams, <Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.>
Castries, Sainte-Lucie, le 23 juin, 2002.
Traduit par Armelle Châtelier, révisé par Louise Hamel.


Références.

Aptheker, Hubert. 1986. “Resistance and Afro- American History”, In Gary Y. Okihiro (ed.) In Resistance: Studies in Afican, Caribbean and Afro- American History. Amherst: University of Massachusetts Press.

[Beckles, Hilary McD. Orbit, (VSO Publication), 2nd Quarter 1997, no. 65: p.18.
 [Article dans le “Slave Route Project”]

Breen, Henry H. 1844. St. Lucia: Historical, Statistical and Descriptive. London: Longman, Brown, Green & Longmans, 423p. [Cass Reprint 1970, London]. 

Fortescue, Sir John. 1899-1930. The History of the British Army, London: Macmillan, 13 Vols. (French Revolution:  Vol. IV, 1906).

Gachet, Charles. 1975. The History of the Roman Catholic Church in St. Lucia. Port of Spain, Trinidad:  Key Caribbean Publishers.

Gaspar, David Barry. 1997." La Guerre des Bois". In David Barry Gaspar & David Patrick Geggus, (eds). A turbulent time: the French Revolution and the Greater Caribbean. Bloomington and Indianapolis: Indiana University Press.  pp. 102 - 130.

James, C.L.R, 1963.  The Black Jacobins: Toussaint L'Overture and the San Domingo Revolution. New York.

Patterson, Orlando. 1973. The Sociology of Slavery. London: Grenada Publishing. pp. 282, 3.

Patterson, Orlando. 1992. "About Freedom". In Phillip Levine, Orlando Patterson and Norman Rush eds. Earth, Stars and Writers. (The National Book Week Lecture Series, Washington D.C.: Library of Congress.

Pérotin- Dumon, Anne. 1991. The emergence of politics among free- coloureds and slaves in revolutionary Guadepoupe. Journal of Caribbean History, 25(1 & 2)): 100- 135.

[Anne Pérotin-Dumon, 1991. L’émergence de politiques... noirs libres et esclaves en Guadeloupe révolutionnaire, pp. 128, 129].

Poyen-Bellisle, Henry de. 1896.  Les Guerres des Antilles de 1793 à 1815. Paris: Berger-Levrault. 

Martineau, Alfred & Louis- Phillippe May. 1935. Trois Siècles d'histoire antillaise, Martinique et Guadeloupe de 1635 à nos jours. Paris: Société d'Histoire des Colonies Française & Libraire Leroux.

Williams, Gregor. 1994. "The Black Jacobins of the Eastern Caribbean". Caribena (Martinique), no. 4: 169- 174.

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