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2007 : archives manif.

Expo : Kara Walker - Mon Ennemi, Mon Frère, Mon Bourreau, Mon Amour

© Walker Art Center, Minneapolis.Du 20 juin au 9 septembre 2007 - Première grande exposition monographique en Europe de Kara Walker, Mon Ennemi, Mon Frère, Mon Bourreau, Mon Amour retrace l’itinéraire de cette artiste américaine, des premières silhouettes découpées (1994) aux films plus récents d’animation (2007).     - Lire la critique de Anne Lescot en Une de Gens de la Caraïbe

Travaillant sur l’histoire de l’esclavage et son héritage dans la société contemporaine, elle rend compte des relations entre Noirs et Blancs, esclaves et maîtres, de la ségrégation et de ses contradictions. Elle dépeint la violence entre les hommes, celle théâtralisée des conflits en plein jour mais aussi celle non formulée de l’intimité. Tirant son inspiration de sources variées – les mélodrames historiques, les romans populaires, les récits d’esclaves, la physiognomonie –, elle vient contrebalancer l’histoire d’une Amérique magnifiée par la littérature et le cinéma.

Ses grandes silhouettes découpées dont l’apparente simplicité surprend, mettent en scène le Sud d’avant la Guerre de Sécession, faisant apparaître la richesse d’un imaginaire débridé où se mêlent fantasmes et pensées, rapport à l’autre et à soi-même, passé, présent et futur. A l’image de son alter ego, la « négresse émancipée », âme libre dans un corps d’esclave, Kara Walker traverse l’histoire en observatrice lucide et inquiétante. Sans manichéisme ni militantisme offensif, elle pratique un art des questions déstabilisantes, parfois très controversé au sein de la communauté artistique noire américaine. Dans son oeuvre comme dans la réalité, le problème de la discrimination, de la vulnérabilité est présent sous toutes ses formes – raciales, sociales ou esthétiques. Un passionnant travail sur le passé pleinement contemporain entre installations, films, collages et panoramas.

L’exposition s’ouvre sur Endless Conundrum, An African Anonymous Adventuress, 2001, – écho à Endless Column/ La colonne sans fin de Brancusi (1938), à La Danse de Matisse (1931-33) – et propose une interprétation du « primitivisme » à travers la modernité.

A l’étage de l’ARC, de grands panoramas représentent l’esclavage comme une forme de théâtre érotisé : Gone, an Historical Romance (…) 1994 ; The End of Uncle Tom(…),1995 ; Excavated from the Black Heart of a Negress, 2002 ; Slavery ! Slavery ! (...), 1997.

Ses dessins et collages - notamment Do You Like Creme in Your Coffee and Chocolate in Your Milk ?, 1997 et Negress Notes, 1996-97 - empruntent aux caricaturistes du XIXème. La série The Harper's Pictorial History, 2001-2005 détourne les pages d’un livre d’histoire sur la guerre de Sécession (dont le titre devient « Walker’s Pictorial History »).

Les films d’animations (Testimony, 2004 ; 8 Possible Beginnings, 2005 ; « …the angry surface of some grey and threating sea », 2007), inspirés des ombres chinoises et du théâtre de marionnettes, rappellent le cinéma des origines (Griffith, Reininger : Les Aventures du Prince Achmed). L’artiste « marionnettiste »  manipule elle-même ses personnages.

Si l’oeuvre de Kara Walker plonge dans l’histoire, elle est tout autant impliquée dans l’actualité : « Dès qu’on commence à raconter l’histoire du racisme, on la revit, on crée un monstre qui nous dévore. Mais aussi longtemps qu’il y aura un Darfour, aussi longtemps que quelqu’un dira “Tu n’es pas d’ici”, il semble pertinent de continuer à explorer le terrain du racisme ». (Kara Walker)

Née en 1969 à Stockton en Californie, Kara Walker étudie à l’Université d’Atlanta en 1991, puis à la Rhode Island School of Design en 1994. Elle a reçu le MacArthur Foundation Genius Award en 1997, le Deutsche Bank Prize en 2004, et a récemment participé à la 25è Biennale de Sao Paulo (2002). Elle est actuellement présentée au Pavillon italien de la Biennale de Venise. Elle enseigne à l’Université de Columbia à New York.


Publication


Un hors–série Les Inrockuptibles a été édité à l’occasion de l’exposition Kara Walker Mon Ennemi, Mon Frère, Mon Bourreau, Mon Amour avec les contributions de : Fabrice Hergott, Philippe Vergne, Angeline Scherf, Jean-Max Colard, Claire Moulène, Edouard Glissant, Toni Morrisson, Arlette Farge, Elvan Zabunyan - 16 pages, éditions Paris-Musées / Les Inrockuptibles. 2 €

Catalogue de l’exposition : Kara Walker: My Complement, My Enemy, My Oppressor, My Love, Éd. Walker Art Center, Minneapolis, 2007 ; distribué par Hatje Cantz Verlag (www.hatjecantz.de) - 49,95 $

Presse et Communication :
Héloïse Le Carvennec
Tél. : 01 53 67 40 50
E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris/ARC

11 avenue du Président Wilson 75016 Paris
Tél. : 01 53 67 40 00
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
les vendredis et samedis jusqu’à 20h
 
Accueil continu du public par un conférencier le mardi de 12h à 18h.

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