Recevoir nos informations

S'abonner

Inscription à la Lettre d'informations culturelles caribéenne « Ici et là-bas » mais à des listes concernant des créations/actualités culturelles par territoire
Hasta pronto! Adan an dòt soley

Aliker de Guy Deslauriers, sortie nationale le 03 juin 2009

"Un journaliste ....." ...  "Un quoi ?" manque de s'étrangler le béké usinier Aubéry en demandant qui a osé dénoncer une fraude fiscale qu'il a commise pour le compte de son usine sucrière du Lareinty au Lamentin en Martinique. Aliker sera assassiné, "suicidé" fera noter le procureur dans le procès verbal face à ce corps noyé, les mains ligotées dans le dos et le visage tuméfié. Les auteurs de ce meurtre perpétré un certain 11 janvier 1934 n'ont jamais été inquiétés. Seuls de nouveaux éléments pourraient réouvrir l'affaire. Guy Deslauriers  et Patrick Chamoiseau nous livrent avec "Aliker" un film tout en tension réécrivant cet épisode qui a marqué la Martinique du début du siècle dernier et qui a façonné en partie nos sociétés d'aujourd'hui.

Patrick Chamoiseau qui signe le scénario a chercher à donner de l'épaisseur et une forte charge émotionnelle à un événement reconstruit à partir de quelques archives, notamment le journal Justice (toujours en activité mais devenu journal militant) que dirigeait Aliker et des témoignages de personnages de l'époque, en particulier son frère Pierre, compagnon des 56 années d'Aimé Césaire à la mairie de Fort-de-France et qui aura toute sa vie porté en blanc le deuil de son frère assassiné.

Après "La rue cases Nègres" en 1983 d'Euzhan Palcy qui décrivait l'univers de la fin des plantations, Aliker dessine la naissance de Fort-de-France avec son centre ville mulâtre à l'époque de la naissance du parti communiste qui éveillera peu à peu les consciences des ouvriers des usines, des charbonnières, des servantes, des balayeuses. Aliker apparait dans ce film comme un homme entier, imprudent, qui au péril de sa vie se lancera dans un combat à l'époque annoncé comme perdu d'avance dans un monde où "les forces capitalistesse soutiennent entre elles".

 

Dans le contexte de la crise financière actuelle, celui des menaces perpétrées contre tous ceux qui dénoncent la situation des ouvriers agricoles en République dominicaine et 11 ans après la disparition du journaliste Jean-Pascal Couraud à l' époque du gouvernement du Gaston Flosse en Polynésie, cet événement interroge encore nos consciences.

 

Le film aura coûté à la production 3 millions d'euro alors que son côut réel est estimé à 12 millions. De nombreux soutiens renouvellés notamment de la Région Martinique et de la Ville de Fort-de-France, des prix revus à la baisse, des souscriptions ont permis à ce film aujourd'hui de voir le jour.

La distribution des rôles a été menée par l'homme de théâtre qu'est Jean-René Lemoigne.

Sur les écrans en Guadeloupe et Martinique en novembre 2008. Sortie nationale en juin 2009.

Avec notamment

Stommy Bugsy (Aliker)

Lucien Jean-Baptiste (Leopold Bissol)

 

A lire également
Le combat d'André Aliker d'Armand Nicolas paru en juin 1974 (disponible auprès du Journal Justice)

 "Chateau Aubery" de Georges Mauvois, K'éditions, 2008

Share