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Un premier atelier mou pour la culture en Martinique

25 avril 2009, 08h30, le premier atelier  Culture, identité, mémoire et tradition des Etats Généraux de la Martinique a soulevé de nombreuses interrogations toutes dominées en grand partie sur la forme de l’atelier. Les premières minutes de cette matinée n’étaient guère convaincantes en matière d’organisation.

Dans la salle, un intervenant reproche le manque de propositions formulées, Jean-Claude William, l’un des deux présidents,  lui rappelle le besoin « d’imagination » des personnes conviées. Mais au  public d’une quarantaine de personnes rassemblées dans une salle de cinéma de Madiana, les deux présidents de l’atelier n’ont donné à l’oral l’ordre du jour et des informations sur le déroulement de l’atelier en cours et des suivants qu’une bonne heure après le début et ce à la demande du public. Les interventions partaient donc dans toutes les directions et à plusieurs reprises, la salle a fait remarquer à un des deux présidents, Edmond Mondésir que son rôle n’était pas de "commenter longuement" les propos du public, ni de « monopoliser la parole et de l’orienter».
 
Ainsi, même l’objectif des Etats Généraux semblaient source de débat. Au delà de la simple occasion de faire remonter des doléances vers l’Etat, pour certains les ateliers devraient être l’occasion de proposer des solutions concrètes aux questions soulevées par les manifestations populaires de février-mars 2009. Avec force, les manifestants ont impulsé un mouvement, réclamé des changements, notamment de la transparence. Alors si l’on peut remettre en question la forme, le découpage ou même le but des Etats généraux, Jean-Claude William, adossé à sa chaise, rappelait que cet espace de réflexion était essentiel pour répondre à leurs demandes.

Hors, les thèmes abordés par cet atelier sont bien la base de toute évolution. « Quelle est notre culture », ou  plus précisément « quels sont nos marqueurs identitaires » est une question revenue à plusieurs reprises dans la bouche du public. Comment conserver et transmettre notre mémoire était le thème du premier module.  Au bout de 90 minutes, Jean-Claude William en annonçait la clôture. Et ce sous les protestations de la salle, car "rien de concret n’avait été avancé". Un des rapporteurs, sensé ne pas intervenir, n’a pu maîtriser sa frustration. Chantal Maignan reproche au débat son "manque de passion", ses "manques d’empoignades", rappelant que Nicolas Sarkozy « n’avait rien imposé » mais que la parole devait « être libre ».

Il serait toutefois inexact de présenter cette matinée du 25 avril comme une succession de querelles stériles car bien que noyées dans le mécontentement ambiant, certaines suggestions et propositions concrètes ont été avancées. Cette longue réunion de quatre heures sans pause devrait être résumée et mise à la disposition du public.

Ysa Donatien dans le public avançait que les participants des ateliers devaient se considérer comme des "partenaires et non des quémandeurs" qui formulent des doléances.  Hector Charpentier avançait le besoin d’un musée (ce qu’Edouard Glissant avait projeté quelques années auparavant), le peu d’utilisation des 1% du budget d’un édifice public consacré à une création plastique.  Un autre insistait sur le besoin de formations diplômantes. Danielle Marcellin, présidente du Conseil d'administration du Sermac suggérait d’identifier les verrous qui empêchaient de progresser, ce à quoi l’après-midi, Sonia Marc (Lasoso) précisait que la mésentente entre la région et l’Etat "empêchait le bon fonctionnement du pays". Suzy Landau proposait un observatoire des politiques et pratiques culturelles, la reconnaissance des savoirs faire locaux. José Exilis mettait en garde contre « la racialisation des relations » et la nécessité de reconnaître les différentes composantes de la société et de les accepter.

D’autres prises de paroles se sont faites sous forme d’interrogations.
Fanny Auguiac s’interrogeait sur les raisons pour lesquelles de nombreuses actions menées (sans avoir l’opportunité de préciser lesquelles) ne perduraient pas. Max Monrose, professionnel de l’audiovisuel souhaitait savoir pour quelles raisons la convention CNC-Etat-Région appliquée en Guadeloupe n’était pas signée en Martinique. Edmond Mondésir, par ailleurs président de la commission culture du Conseil régional n’a pas relevé cette fois là. Les membres de la DRAC dans la salle n’ont jamais pris la parole, quelque soit le sujet. Et personne, dans le monde professionnel n’ignore le manque de dialogue entre les trois entités que sont l’Etat, la Région et le Département. Un fait qui peut expliquer pourquoi le public convié pouvait donc se sentir pris dans un casier de pêcheur, ne sachant pas à quelle heure il serait relevé.

 

RG/KG

 

Atelier 8 (Martinique) : Culture, Identité, Mémoire, Education, Formation

Présidents : Edmond Mondésir (président de la commission culture de la Région) et Jean-Claude William (président du Centre culturel Fonds Saint-Jacques)

Rapporteurs : Dominique Taffin (directrice des archives départementales), José Hayot (chef d'entreprise), Chantal Maignan (professeur d'histoire) et Jean-Claude Soumbo (conseiller régional chargé de l'Education).  

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