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389 - Il ne s’agit pas de charité mais de fraternité

Il ne s’agit pas de charité mais de fraternité ! Cette phrase nous a été glissée dans une réponse à l’appel de détresse de Jean-Claude Fignolé cet écrivain qui administre aussi la commune des Abricots devenu après le 12 janvier, le refuge improvisé de milliers de sinistrés. Après la vague d’émotion qu’a soulevée la catastrophe, surgit l’émotion que provoque les dons et actions menés partout par beaucoup, de la petite entreprise d’imprimerie française à la grande compagnie d’électronique allemande qui double chaque don de ses salariés (1 euro donné = 1 euro de plus de la direction, en tout, deux euros pour Haïti).

Cependant, dans les deux cas, il faut éviter de se laisser submerger par tout cela et rester lucide pour mieux accompagner le pays, surtout dès que les premières difficultés surgissent. La saison des pluies sur place (en avance cette année) et les taxes bancaires ou des organismes internationaux de transfert d’argent qui représentent près de 25% de la somme versée (sauf si le montant atteint 500 euros dans le cas des organismes de transfert). Ainsi, il faut là aussi se serrer les coudes et s’associer à ses amis et connaissances ou donner sa contribution à des projets déjà bien avancés et rodés. Voir Bay koko pou savon à Morne-à-l’Eau ce samedi 06 mars 2010.

L’après 12-janvier a aussi permis à l’histoire d’Haïti de se révèler à beaucoup d’Européens qui découvrent (fort tard) le lien avec cette république francophone et créolophone. Le 10 mai, journée des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions en France depuis 2006 pourrait cette année être dédiée à Haïti, actualité immédiate et nécessaire pour la reconstruction du pays.

Or, 2010 est l’année du 50e anniversaire de l’indépendance des ex-colonies africaines de la France. Des organismes ont certainement pensé leurs événements du 10 mai dans ce sens. Cependant les deux thèmes ne sont pas étrangers, loin de là. Les deux sauront certainement épouser une cause commune, celle de mieux connaître notre histoire. Au passage, nous gardons toujours à l’esprit que c’est un réalisateur haïtien, Raoul Peck qui a signé deux grands films engagés sur le Rwanda et le Congo, Sometimes in April (2005) et Lumumba (1992 et 2000).

Il reste encore à réaliser des films pour rendre hommage à la culture haïtienne, notamment au vodou qui, il y a à peine quelques jours, a fait l’objet d’attaques violentes d’un pasteur protestant et ses ouailles, rendant le vodou responsable du séisme. La fascination ou le fantasme qu’a suscité le vodou pour ses pouvoirs magico-religieux notamment dans les productions cinématographiques américaines, tend se retourner contre cette manière de vivre qui fonde le peuple haïtien.



Pour faire des films, il faut des histoires. L’écrivain Gary Victor s’imprègne de cet environnement vodouisant pour y poser ses histoires et intrigues à vous tenir en haleine durant des centaines de pages. Auteur de fictions radiophoniques diffusées en Haïti, Gary Victor connaît un succès certain, car il parle du pays tel qu’il vibre.

Enfin, citons l’initiative de Sinéma anba zétwal qui a commencé parcourir les camps de réfugiés en projetant des films et animant des débats autour de ce qu’Haïti a vécu le 12 janvier.  Sinéma anba zétwal n'a pu continuer cette opération baptisée Food for souls. Or ces moments permettaient aux sinistrés de se retrouver autour d’une écoute et parole commune et d'éviter, notamment, une chasse aux sorcières.

 

Karole Gizolme avec la complicité d'Anne Lescot

Rencontres sur le vodou à venir :

Présences vodou - représentations et construction plurielles de l'objet
13-14 mai 2010 par le GREMCA
Université Laval, Québec, Canada

The Haiti World Voudon Congress on Traditional Medicine (July 16 - 22, 2010)

Dessin de Jack Exily / soulnetworks
Dessin du mois de février 2010 sur le site soulnetworks.org  Un clin d'oeil aux propos d'Abdoulaye Wade président du Sénégal qui  propose d'offrir aux Haïtiens des lopins de terre sénégalais.

 

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