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Retour sur le festival de Douarnenez qui a enthousiasmé les coeurs, les corps et les esprits

Non content de proposer un riche programme de films (documentaires et fictions) et rencontres consacrés à la Caraïbe, le 33ième Festival de Douarnenez a plongé les participants,  dans un bain de langues (breton, créoles, français, langues des signes,  d’échanges à tous les vents (et il y en eu, du vent, et même des pluies tropicales !), et de convivialités re-vivifiantes, mêlant cultures et générations. Journée type d’une festivalière sérieuse :

: palabre à 10h du matin (thé, café, kouign amann, -ah le kouign amann de Douarnenez !-) avec les jeunes cinéastes de Jacmel (Haïti) ou avec les réalisateurs martiniquais  Alain Agat et Christian Foret, ainsi que le photographe Daniel Goudrouffe (Guadeloupe), ou encore Anne Lescot parlant des réseaux de solidarité dans la Caraïbe (notamment Réseau Culture Haïti) et présentant le Guide de la Caraïbe culturelle. On enchaîne à 11h avec un film d’une des sections, souvent suivi d’un débat avec les réalisateurs, on va manger sur la place du Festival, bons petits plats d’ici et d’ailleurs à prix d’amis, vins de pays et papotage avec les voisins, les amis, les invités du Festival. Pour les plus assidus, séance à 14h30, mais souvent, le temps des échanges nous emmenait à la projection de 16h  - ou au cours de breton voire de langue des signes - puis au débat sous le chapiteau central (18h-19h), suivi d’un ou deux autres films !

Débats encore, rencontres toujours (« et toi, tu as vu quoi ? »), découvertes et prises de conscience.

A  voir successivement « Rue Case-Nègres » (fiction - Euzhan Palcy -1983), « les descendants de la nuit » (documentaire - Christiane Succab-Goldman – 1988) – « Boulevard du 5 février 2009 » et « Paroles d’intérieur » (documentaire sur les luttes de janvier-février 2009 en Martinique – Alain Agat et Christian Foret –  2010), on comprend l’essentiel de nos histoires, leur épaisseur humaine, et les questions qui agitent aujourd’hui l’outre-mer, pour ceux qui ne possèdent pas déjà les principales clés de compréhension.

La sélection de films sur ou d’Haïti nous laisse rêveurs : tant de dynamisme, d’initiatives individuelles et collectives, de richesses culturelles, dans un pays fouetté par l’injustice et la misère depuis si longtemps… C’est peut-être cette vision qui nous aura le plus regonflés d’énergie, pour repartir des projets plein la tête….

Ah oui, j’oubliais le Fest Noz - ah la fascination de l’ami et conteur Franck Compper devant ces foules bretonnes dansant la gavotte, toutes générations mêlées, sous le grand chapiteau !-, de la soirée « Fort de France remix » création vidéo et musique de Gilles Elie-dit-Cosaque  (Martinique) avec invités bretons et haïtiens, ou des grands concerts de clôture : salsa  cubaine endiablée, voix envoûtante de Carlton Rara,  et autres steel drums (je vous recommande chaudement le mix konpa/raï/calypso, …).

 

Il faut avoir vu la blanche calvitie d’un sage sexagénaire sautiller furieusement sur un ska endiablé, aux côtés de blond jeune homme à dread-locks (et son total look altermondialiste), à l’image du reste de la foule, pour comprendre et savourer la palpitation généreuse du Festival de Douarnenez. Et cela tous les soirs jusqu’à 1 ou 2h du matin. 5 salariés, 350 bénévoles (deux à trois générations se croisent parfois sur le festival), alliant efficacité, humour et  gentillesse. Cela fait 33 ans que cela dure !

A côté de nos  îles, pardon de nos territoires (la Guyane était présente), un grand coup de projecteur sur la Birmanie et sa terrifiante dictature à laquelle résiste comme il peut un peuple  abandonné par la communauté internationale. Total et Alcatel, de leur côté, commercent sans états d’âme avec la  dictature, qui utilise leurs produits  de la pire façon qui soit. Mais aussi une sélection « la Grande Tribu » consacrée à des films marquants (mention spéciale, toute subjective à « Jean Ziegler, contre l’ordre du monde » film en première projection d’Elisabeth Jonniaux ) ou à des films sur le monde des sourds, ainsi qu’un Grand Cru Bretagne (films en breton ou tournés en Bretagne).

Qu’est-ce qu’on attend, dans nos outre-mer, pour en faire autant,  parler de nous et accueillir le monde ?

 

En savoir plus : www.festival-douarnenez.com

Photo : de g. à d., Fabienne Pourtein, Daniel Goudrouffe, Franck Compper

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