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Les problématiques récurrentes du spectacle vivant en Guadeloupe

Les professionnels de la culture se sont réunis à la médiathèque du Lamentin ce mardi 30 novembre dans le cadre des conférences régionales du spectacle vivant qui ont démarré en septembre sur le territoire national. Toutefois en Guadeloupe et en Martinique, il ne s'agissait pas d'une première conférence du genre, surtout au lendemain des États généraux de l’Outre-mer de 2009. L’initiative du ministre de la Culture Frédéric Mitterand vise à instaurer un dialogue plus fructueux dans ce secteur entre les différentes institutions d'Etat, les collectivités et les privés.


Les acteurs de la culture, les représentants de structures, de collectivités et les artistes ont donc débattu longuement en terrain familier. Parmi les problématiques évoquées lors des échanges, le manque d’infrastructures aux normes, de matériels, d’aides au crédit, aux montages de dossier de subvention, le besoin de formation, de professionnalisation des métiers de la culture, mais aussi de fédération des artistes sont entre autres les points faibles récurrents sur lesquels de gros efforts doivent être consentis à tous les niveaux.
Sans jeter la pierre aux institutions – lesquelles tout en concédant les difficultés persistantes, se satisfont de la gestion de leurs deniers – les artistes semblent souffrir d’un manque de reconnaissance, de considération qualifiées de Blues des artistes par Fred Deshayes qui a conclu les débats. La limitation des finances participe d’une certaine morosité qui affecte la qualité des créations et leur promotion en dehors de l’archipel.

La question de la précarité se pose bel et bien dans un milieu où même les artistes les plus célèbres peinent à joindre les deux bouts. La vie d’artiste professionnel nécessite souvent un engagement passionné aux débouchés incertains. Le chanteur et compositeur Dominik Coco soulignait que la question de la professionnalisation est telle qu’il est parfois préférable de dissocier les musiciens professionnels des autres musiciens, tout simplement parce que les projets peuvent pâtir de la disponibilité fluctuante des seconds.
À ce titre, la première étude sur les emplois dans le milieu culturel réalisée en 2007 par l’INSEE déblaie un peu la réalité de ce secteur : peu de salariés, de licenciés, de nombreux CDD, d’intermittents du spectacle, d’indépendants.

À cela, des voix dans l’assistance ont mis en lumière le côté informel de cette économie, avec les sous-rémunérations des artistes, les rémunérations non-déclarées, les retards importants dans les paiements, sans parler des organisateurs qui ne payent pas. Paradoxalement, une prise de conscience sur le formidable potentiel économique que représente ce secteur d’activités semble acquise. Joël Raboteur, le président de l’Office du carnaval a mis l’accent sur les retombées financières générées par le carnaval. Qu’à cela ne tienne, prenons la chose carnavalesque très au sérieux !

D’autres conférences devraient suivre pour espérons-le concrétiser les vœux pieux des acteurs de la culture.

A.N.

Programme de la Conférence régionale du spectacle vivant Guadeloupe
Etude sur les emplois dans le milieu culturel réalisée en 2007 par l’INSEE

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