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Plus qu'une journée en Haïti pour dépasser le séisme ou vivre avec

Ce 26 novembre 2010, France culture s’est délocalisée en Haïti (journaux en direct, reportages, entretiens) et  consacrait son antenne durant plus de 24 heures à la République an devenn. Nous le ressentons comme un geste fort. Insérer en direct Haïti entre les tracasseries d’un Villepin, les soucis du Brésil et de la Côte d’Ivoire, avec des sujets de fond et non pas des brèves donnait non seulement le sentiment d’y être mais qu’Haïti était aussi en résonance avec le reste du monde ou plutôt des préoccupations d’une chaîne publique nationale française. Alors ce jour-là, si France Culture se donnait les moyens d’écouter Haïti, c’était le jour pour nous d’être collé au poste de l’aube à l’aurore. Ce qui fut fait.

 


Dès 06 heures du matin, Yannick Lahens, Lyonel Trouillot et Jean-Marie Théodat nous remettaient les pendules à l’heure insistant sur « les bases sociales d’Haïti à refonder avant de penser à des solutions économiques sorties des tiroirs de fonctionnaires ou d’experts » qui ne fréquenteraient le pays qu’aux heures de bureau et manqueraient de modestie.

France Culture a abordé Haïti sous tous ses angles ou presque avec parfois des regards croisés nourrissants. Ainsi, des idées pouvaient être pêchées ici et là pour mieux penser notre propre approche ou vécu du pays. Surmonter le séisme, vivre avec une catastrophe, philosophaient Laennec Hurbon et Pierre Zaoui, philosophe, auteur de La traversée des catastrophes..  dans Les Nouveaux Chemins de la connaissance avec Laennec Hurbon …

Il fallait que ce soit France Culture qui nous fasse découvrir le groupe BIC dont les chansons circulent sur U Tube. A voir les commentaires, même si le groupe chante en créole, leur public internaute semble américain, à moins que parler américain soit plus dans l’air du temps, ce qui ne serait pas étonnant, à l’heure où la France se désengage des actions de fond comme le soulignait Jacky Lumarque, recteur de l’Université de Quisqueya dans la tranche du matin de Marc Voinchet.

Avec grande finesse, l'émission de reportages intimistes Les pieds sur terre a doucement amené les confidences pudiques de cette mère courageuse qui ne parvient pas à faire ces trois enfants la rejoindre en France et livrés quasiment à eux-mêmes après le sinistre tremblement de terre. Et ce, malgré les promesses d’Eric Besson, ex-ministre de l’Immigration, d’assouplir les mesures de regroupement familial pour les Haïtiens de France.

 

Difficile de les citer toutes. Toutefois, une émission laissait tout de même une petite frustration. Celle sur les religions. Baptisée Le grand melting pot religieux haïtien  par Matthieu Conquet et Mélanie Chalandon, elle n'a finalement interrogé que le vodou, le catholicisme qui se fréquentent d'aillers depuis des années. Les protestants et toutes les nouvelles religions étaient certainement trop occupés à pululler dans le pays plutôt qu'à l'antenne du direct. Il fallait écouter l'émission du matin avec Laënnec Hurbon pour apprendre que la scientologie s'était nichée dans les décombres du séisme. Dans le même ordre d'idées, le parler américain qui se répand aussi dans le pays, n'a pas été, à notre avis, très entendu durant cette journée.


Pour aller encore plus loin des boni sur Haïti et divers podcast vous attendent sur le site Internet, des espaces pour laisser des commentaires. On peut d'ailleurs y lire des avis mécontents d'auditeurs peut-être jaloux de voire « leur » radio s'intéresser aux autres qu'eux-mêmes.

Après au moins 15 heures d’écoute non-stop, nous nous sentions plus forts pour aborder ce dimanche de scrutin en Haïti en chantonnant la voix tremblante la phrase de Bélo en boucle à l'antenne : «C’est un grand plaisir de recevoir les amis qui viennent de loin pour nous voir, jodi a nou kontan nou risouvwa France Culture nan peyi nou an »

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