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Le Femi vers la structuration d’un cinéma caribéen

La question de la structuration des réseaux en Guadeloupe se pose dans tous les domaines culturels. L’audiovisuel n’en est pas exempt. Ainsi à une année de sa majorité civile comme le faisait remarquer un membre de l’équipe, le Femi fait preuve de maturité en offrant un festival du cinéma axé sur les questions de débouchés professionnels et économiques durables. La 17e édition, qui désormais port le nom de« Festival régional et international du cinéma de Guadeloupe » s’achève donc avec le sentiment partagé par beaucoup d’invités dont les marraine France Zobda et parrain Jean-Lou Monthieux, d’être sur la voie de la fondation d’un réseau.

 

 


Cette année les deux volets : marché international du film et Femi jeunesse ont donné à ce festival une touche plus constructive. En dépit des problèmes de financement inhérents à la réalisation et à la production des films, un vent d’optimisme souffle sur le cinéma caribéen. Les participants de ce festival se sentent plus solidaires les uns des autres : les échanges avec des partenaires caribéens se multiplient avec une meilleure connaissance des réalités limitrophes et donc, une approche plus pragmatique des collaborations.


France Zobda co-fondatrice avec Jean-Lou Monthieux de la société de production Eloa Prod, est convaincue de la nécessité du dialogue entre les professionnels, car là se trouve la pierre angulaire de réalisations d’envergure communes. Telle est également la mission d’Eloa prod, née du désir de pousser les projets ambitieux et de créer un réseau de professionnels issus de la diversité.


Ce festival aura été marqué par une belle programmation dont la thématique centrale d’une Amérique à l'autre a été choisie précautionneusement, même si elle a peiné à respecter cet angle, comblée par une sélection de films venus d’ailleurs (Life during wartime de l’américain Todd Solondz, J’ai oublié de te dire du français Laurent Vinas-Raymond, Poetry du coréen Lee Chang-Dong, etc.).


Plus qu’à l’accoutumée, le Femi a pris un caractère itinérant en projetant des films dans plusieurs communes de Guadeloupe. Bien lui en a pris, puisque la fréquentation des salles témoigne de l’intérêt croissant du public pour ce rendez-vous annuel. Au passage, le public apprécierait fortement de profiter de la diffusion des films primés quelques temps après le festival. Appuyée par un budget de programmation plus conséquent, Liliane Francil, directrice de Guadeloupe 1ère, s’engage dans cette voie, à la consolidation du partenariat entre la nouvelle chaîne, remplaçante de RFO et le festival.


On notera le prix du jury décerné à Un homme qui crie du tchadien Mahatmat Saleh-Haroun, le prix du Conseil régional dans la catégorie documentaire revenu à Africa, America de Laurent Champonnois et Michel Reinette tourné à l’occasion du Festival Vibrations Caraïbes 2009 ou encore le prix d’interprétation féminine décernée à l’actrice britannique Sally Hawkins pour son second rôle dans Fleur du désert de la réalisatrice Sherry Hormann. Pendant cette soirée de clôture, les spectateurs ont pu aussi sourire sur le making-off de Bivèt Bo kaz, version créole du film de Sébastien Fechner Au bistrot du coin proposé dans sept langues régionales lors de sa sortie nationale prévue au mois de mars 2011. Un projet ambitieux et couteux, qui promet certainement de séduire les foules.


Avec le Femi jeunesse susceptible de créer des vocations, les débats autour de questions techniques, les perspectives qu’ouvre le Marché international du film et de la télévision caribéenne, et bien sûr, une fréquentation à la hausse selon les organisateurs, cette 17e édition s’inscrit avec d’autres festivals (Caribbean film corner, Terra festival), de plain-pied dans la voie de la structuration du cinéma en Guadeloupe et dans la Caraïbe.

Cependant, on peut regretter à la fermeture du festival, les carences du site Internet du Femi, outil aujourd’hui indispensable pour donner à cet événement une dimension professionnelle, pérenne et internationale.

A.N.

Pour aller plus loin

  • À noter, la 5ème édition de Cinamazonia « Festival de cinéma des mondes métissés » du 17 au 22 novembre au 2011 en Guyane
  • Le magazine Migann'art  poursuit la réfléxion pour les acteurs de l'audiovisuel en Martinique. En savoir plus

 

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