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Maboula Soumahoro : « Maryse a absolument influencé ma vie »

J’ai rencontré Maryse Condé avant même de la lire. Elle était à un colloque qui lui était consacré, organisé par l’université dans laquelle je poursuivais mes études alors, à New York. Des amies, des françaises d’origine antillaise, m’avaient encouragé à y assister, mais je ne savais absolument pas qui elle était.

Notre première rencontre fut pourtant très chaleureuse : elle m’a tout simplement « ordonné » de lire Ségou, après avoir découvert mes origines ivoiriennes. Elle tenait à me faire découvrir un patrimoine culturel que j’ignorais. J’ai tout de suite apprécié son dynamisme et son esprit. Le plus troublant a été pour moi sa clairvoyance - je pense que c’est une forme extrême d’intelligence.

 

 

Perspicacité que j’ai retrouvée d’ailleurs dans le livre qui m’a le plus marqué, Ségou : ce « roman » m’a (enfin) expliqué le nom de ma propre mère ! Ce n’est pas rien. J’ai par conséquent un lien très personnel avec ce livre impressionnant. Je ne sais pas si les lecteurs se rendent compte de sa précision historique.

Dans le même temps Maryse Condé possède un humour et un sens critique très percutant. J’aime dans son écriture sa compréhension profonde de l’humain, sa connaissance et sa maîtrise si parfaite de la diaspora. Elle écrit principalement sur un monde (le monde noir) dont elle s’évertue à démontrer le non-sens, la non-existence, ce qui est contradictoire.

Lire Maryse Condé a absolument influencé ma vie.

Le personnage auquel je m’identifie le plus est Véronica Mercier dans En attendant le bonheur : j’ai beaucoup aimé son insolence. Un jour, Maryse Condé m’a dit que je l’avais, quant à elle, inspirée pour l’un des personnages de ses romans. Je ne dirais pas lequel mais jusqu’à aujourd’hui, je ne vois pas en quoi. Elle continue de me dire qu’à ses yeux, ce personnage n’est pas négatif, que je me trompe. Pourtant je me pose énormément de questions sur moi-même depuis. Voilà à quel point elle peut m’influencer…

Elle est un modèle intellectuel à mes yeux. J’aspire à devenir comme elle professionnellement car c’est un monument. Avec En attendant la montée des eaux, elle a pour moi clos la boucle narrative.

Maryse condé est définitivement pour moi magistrale et subtile.

Maboula Soumahoro, 06 mars 2011

Maboula Soumahoro est maître de conférences dans le département d'anglais de l'université François-Rabelais de Tours. Elle est membre du Groupe de recherche anglo-américaine de Tours (GRAAT) et spécialiste en études américaines, afro-américaines et de la diaspora noire/africaine.
Professeure certifiée d'anglais, docteure en civilisation du monde anglophone (thèse sur les premières années de la nation d'Islam et du mouvement Rastafari), Maboula Soumahoro a enseigné à l'Institut de recherches en études afro-américaines de Columbia University ainsi qu'au Programme d'études de la Diaspora de Barnard College, deux institutions qui se trouvent à New York, aux Etats-Unis.

 

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