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la société

L'écrivain Jean-Claude Fignolé craint pour sa vie

 

L'écrivain Jean-Claude Fignolé écrit à Mme Yolaine Gilles,
 responsable de la plate-forme des droits humains, expliquant qu'il craint pour sa vie et dénonce le délégué Norman Wiener dans une lettre datée  du 3.2.2012



Madame Yolaine Gilles,
Responsable de la plate-forme des droits humains

En ses bureaux

Madame,
De sources diverses, je viens d’apprendre que le délégué départemental de la Grand’Anse, monsieur Norman Wiener, a écrit une lettre au président Martelly dénonçant mes actions en faveur de la décentralisation et du développement du département de la Grand’Anse comme déstabilisatrices pour son autorité, pour le gouvernement, donc attentatoires à la sûreté de l’État.

Nous voilà revenus aux moments les plus fous et les plus criminels des dictatures antérieures quand leurs sicaires, pour consolider les avantages tirés de l’exercice d’un pouvoir discriminatoire, voyaient des complots partout.
De l’avis de tous, des menaces, suite à cette dénonciation, pèsent sur ma vie. Je vous demande d’alerter l’opinion publique nationale, internationale, les instances pour la protection des droits de l’homme et du citoyen pour les informer de la dérive qui s’annonce et de sa mise en branle par un satrape local au service de je ne sais quel intérêt qui semble ne pas hésiter à être crapuleux.

J’en profite pour vous suggérer d’envoyer une commission d’enquête dans la Grand’Anse pour suivre mes actions soit à la mairie des Abricots, soit à la tête de l’Association des maires de la Grand’Anse aux fins de découvrir si elles sont contraires à l’objectif que je me suis assigné: aider ma commune et mon département à ancrer leurs rêves dans les vœux de décentralisation et dans les espérances de développement qui devraient en découler.
Souhaitant malgré tout que le président Martelly ne soit pas assez insensé pour avaliser la dérive de monsieur Wiener, je vous prie, chère Madame Gilles, d’agréer mes salutations distinguées.
Jean-Claude Fignolé

Note de solidarité avec Jean-Claude FIGNOLÉ


Il s'agit d'une note pour la presse parlée et écrite, en solidarité à Jean-Claude Fignolé qui est l'objet de graves menaces dans la Grande-Anse. Faites circuler aux écrivains et intellectuels de votre connaissance. - Kettly Mars

Nous, écrivains, intellectuels, artistes, opérateurs culturels, journalistes, nous insurgeons avec la plus grande force contre les tentatives de réduire au silence notre collègue et camarade écrivain Jean-Claude Fignolé, Maire des Abricots, pour délit d’amour de son pays et de mise de sa passion et de son énergie au service du développement de sa Grand’Anse natale.
Nous disons non à la tentative d’annihilation de la bonne volonté et des efforts non marchandés d’un citoyen habité du rêve de voir ses compatriotes sortir de la misère et de l’indignité, dans ce moment de notre existence où notre pays a besoin plus que jamais du sacrifice de ses fils et filles pour juguler la menace d’anéantissement qui pèse sur tout un peuple.
Il nous paraît inconcevable et révoltant que des pratiques arbitraires, criminelles et rétrogrades regagnent droit de cité et nous ramènent à des temps que nous croyions révolus. La menace est pourtant bien réelle. Le recours à l’intimidation et à la brutalité a toujours été le fait des impuissants et des incapables, acharnés à instaurer, garder et maintenir un pouvoir discriminatoire au service d’intérêts inavouables.
Nous disons non à cette menace à l’intégrité physique et à la lutte pour des lendemains meilleurs de notre collègue et camarade Jean-Claude Fignolé et appelons tous les citoyens de bonne volonté à ouvrir les yeux et à se mettre à contre-courant de la dérive qui s’annonce. L’âme haïtienne n’a pas perdu et ne perdra jamais sa capacité de s’indigner contre l’arbitraire.

Le 4 février 2012.

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