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« Miser sur la jeunesse », édito d'Inter-Entreprises de sept. 2012

2012 09 COUV INTERENTREPRIS

par Francette Rosamont

    Nos territoires, comme le reste du monde, sont traversés par une lame de fonds qui craquelle les positions acquises et les répartitions un peu trop bien organisées. Elle charrie avec elle une instabilité dérangeante pour ceux pétris de certitudes. Pourtant, il faudra bien se résoudre à sortir des rigidités pour laisser place à la souplesse et à l'adaptabilité. Ce sont là des caractéristiques liées à la jeunesse : misons sur elle, et singulièrement aux Antilles-Guyane !

  



    En matière de formation professionnelle, aussi bien initiale que continue, cinq ans après notre première enquête, nous titrons encore qu'elle est toujours inefficace. Cette fois, apparaît plus clairement que c'est par manque de coordination des acteurs, notamment des partenaires sociaux, que la situation s'aggrave. Cette tétanie persistante provoque l'organisation des branches professionnelles qui, seules, permettent d'ajuster les formations aux besoins des territoires. Les résultats sont visibles partout aux Antilles-Guyane : des métiers dévalorisés, un décrochage scolaire qui se développe, un chômage des jeunes qui atteint des sommets et l'illettrisme qui s'étend (p40). La situation est réversible à la condition de sortir du jeu d'acteurs et d'enclencher une action commune immédiate déterminée.

Selon Victorin Lurel, Ministre des Outre-Mer, le projet de loi sur la Régulation économique outre-mer en préparation a les mêmes visées : fournir aux pouvoirs publics une "boîte à outils" pour impulser un changement d'habitudes. Il apporte quelques précisions (p55).

    La lame de fonds du moment véhicule également son lot d'insécurité qui a pour socle la peur et la méconnaissance. Saluons alors les initiatives d'hommes et de femmes qui, avec détermination, s'attaquent aux textes de lois et procédures qui corsètent les rapports : citons la première simulation pour l'implantation dans la zone caraïbe d'une cour caribéenne d'arbitrage, la proposition d'expérimentation des procédures d'exécution avec la Dominique et Sainte-Lucie (p28), ou encore l'adhésion de la Guadeloupe et de la Martinique à l'OECO, au Caricom ou à la CEPALC (p8), actions qui porteront forcément des fruits.

 

    Entendre José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, déclarer lors du second Forum des régions ultrapériphériques, que "les RUP élargissent l'horizon de l'Europe dans les zones les plus dynamiques du monde" relève du bonheur absolu ! Ne soyons pas naïfs cependant
: comme l'ont souligné les représentants des RUP dans une belle unanimité, la Commission et le Conseil ne mettent pas encore derrière ces paroles les actes qu'il faudrait afin que ces régions en retard de développement contribuent pleinement à sa stratégie 2020.

    Le moins que l'on puisse dire, c'est que face à cette politique des très petits pas, les réactions divergent entre les représentants des RUP. Agacement réel de Paulino Rivero Baule, président du Gouvernement régional des Canaries : "Nous n'avons pas avancé d'un pas en cinq ans !", a-t-il déclaré. Revendications fermes de la part de Rodolphe Alexandre, président du Conseil régional de Guyane, qui veut que L'Europe reconnaisse enfin l'apport de la Guyane en termes de biodiversité, de spatial, bientôt d'énergie... et qu'elle la rétribue à sa juste valeur.
Détermination de Victorin Lurel qui inaugurait là sa casquette de Ministre des Outre-Mer, sans oublier celle de président du Conseil régional de Guadeloupe, maîtrisant ces questions européennes : "La communication de la Commission va dans le bon sens : il faut maintenant un plan d'actions", a-t-il déclaré.

    Le Président du Conseil régional de la Réunion, Didier Robert, a fait le choix de l'offensive : "Nous sommes d'accord avec votre plan, mais si vous voulez le réussir, il faut simplifier l'instruction des dossiers, libérer la gestion des aides qui doit être accessibles à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille..." a-t-il déclaré en substance. Et chaque Réunionnais qui prenait la parole réaffirmait ces arguments : du grand art !
Seul le Président du Conseil régional de la Martinique, Serge Letchimy, a proposé une stratégie de repli dans un nouveau concept qu'il a appelé le "protectionnisme incubateur" (lire p8).

    En cette période de crise, l'idée peut paraître séduisante de fermer les frontières face à un monde extérieur que l'on ne comprend plus. Sauf que, la Martinique a perdu 20 000 habitants entre 2006 et 2011 et que sa population vieillit dangereusement.
Et si au contraire, avec les autres RUP, nous relevions le défi de cette transformation en force d'influence ? Certes il faut des moyens, mais la première manière de relever un défi, c'est déjà d'en avoir envie !

 

Magazine Interentreprises Septembre 2012

 

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