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Le CMAC, sans gouvernail, s'enfonce dans la crise

(source : madinin'art)    La grave crise de « gouvernance que connait depuis plusieurs mois le Centre martiniquais d'action culturelle-Scène nationale (CMAC) n'en finit pas de soubresauts en soubresauts. Il est hors de question de prendre position sur le fond du conflit, de distribuer des bons et des mauvais points. Les conflits sont inhérents au fonctionnement des organisations. C'est le mode de régulation et de résolution des conflits qui est intéressant. En quoi les moyens mis en œuvre par les uns et par les autres sont-ils le signe d'une vitalité de la démocratie ou le symptôme d'un fonctionnement pathologique? L'avenir démocratique de la Martinique, qu'il prenne la forme d'une autonomie ou d'une indépendance, se dessine au présent dans la gestion hic et nunc, ici et maintenant de la « conflictualité ».

 

Rappel de quelques faits.

La Directrice actuelle, Madame Josiane Cueff, nommée il y a dix-huit mois est contestée par une grande partie partie du personnel. Autoritarisme, rigidité, manque de concertation, dénonciation de conflits d'intérêts impliquant des agents du CMAC, ce sont là des reproches qui lui sont adressés. Cette opération de déstabilisation est relayée en sous-main par un groupe d'artistes martiniquais dont les propositions artistiques passent difficilement ou pas du tout le cap de la commission d'évaluation inhérente au label « Scène nationale » gage d'un minimum de qualité. Ainsi en juin 2012, des artistes martiniquais, quoique largement subventionnés par le Ministère de la Culture s'estimant lésés par la procédure de sélection ont fait des pieds et des mains pour obtenir l'abandon du label « Scène nationale » et le départ de la Directrice du CMAC. (Voir  « Supprimer le label « Scène nationale » du CMAC ? »). Coïncidence ou récompense ? : un bon nombre d'entre-eux ont fait le voyage à Santiago-de-Cuba en juillet, payé par les collectivités locales. Voyage qui avait sans doute pour objet de faire connaître aux Cubains les charmes et les avantages de la Martinique pour favoriser le tourisme cubain dans notre île. Opération totalement dépourvue d'intérêt économique quand on sait que le revenu moyen d'un Cubain est de 20 euros par mois. Seuls les policiers du régime castriste gagnent trois fois plus ( 60 euros) ce qui est un bon indicateur sur la nature du régime.

Contestation externe en relais d'une contestation interne, les deux mâchoires de l'étau ne laissaient que peu de chance de survie à la Directrice du CMAC. Un Conseil d'Administration (C.A.) organisé dans la foulée, le 27 juin 2012, devait régler définitivement son sort, à ceci près que le Ministère de la Culture, pourvoyeur de subventions, représenté en Martinique par la Direction des affaires culturelles, tutelle à part égale avec le Conseil Général, pouvait difficilement se voir mis devant le fait accompli, réduit au rôle de trésorier-payeur. Le Conseil d'administration a donc décidé de ne rien décider dans l'immédiat, si ce n'est de diligenter une commission d'enquête ou d'expertise sur le fonctionnement du CMAC dans l'attente d'une décision commune des tutelles. Cette information est confirmée par trois sources institutionnelles différentes. Ce qui semblait une décision de sagesse.

C'était sans compter sur le Président de l'association CMAC, qui de sa propre initiative et bien au-delà du pouvoir que lui accordent les statuts décide, début juillet 2012, d'envoyer une lettre de fin de mission à la Directrice au prétexte qu'elle aurait signé un CDD, de changer la serrure de son bureau pour lui en interdire l'accès. Un procès-verbal d'huissier du 31 juillet 2012 constate que « Monsieur Lebon décide de faire procéder par un serrurier à un changement de la serrure du bureau attribué à Madame Cueff. Comportement d'une rare élégance qui pourrait être mise en rapport avec celle de ces patrons-voyous qui profitent d' un week-end pour déménager leur usine, si le président du CMAC n'était pas un homme de « gôche », un « progressiste !

Précisons tout de suite que des élus du Conseil Général siégeant au Conseil d'administration et que nous avons interrogés ont pris leur distance voire condamné ce coup de force. Le chargé de Communication et de nombreux personnels, tout à leurs vacances, disent tout ignorer de cet état de fait. Le délégué du personnel suspendant précipitamment de ses vacances et qui était présent déclare « M. Lebon nous a expliqué qu'il fallait protéger le bureau de la direction ». Protéger de quoi ? Contre quoi ? Contre qui ? Quand on demande au syndicaliste pourquoi il n'a pas posé ces questions il répond « Je n'y ai pas pensé !» et il déplace la question sur le terrain de l'intérêt général. « Nous ne pouvions pas continuer comme cela. Nous ne voulons plus travailler avec la directrice. » ». Exemple typique d'un salarié pris dans un jeu d'injonctions contradictoires. D'un côté le syndicaliste qui condamne la précarité de l'emploi, le temps partiel imposé, l'intérim, les contrats de travail illégaux, les CDD, les comportements de patron-voyou etc. et de l'autre le membre d'un collectif de travail en conflit si aigu avec sa directrice qu'il empêche l'accomplissement de la tâche. Il reconnaît volontiers ne pas avoir perçu l'irrégularité, pour ne pas dire plus, d'une telle décision. Le syndicaliste s'est effacé devant le travailleur.

Abus de pouvoir diront certains, confusion des rôles, absence d'orientations claires de la part d'une collectivité locale dont la disparition est programmée à court terme? Les maux dont souffrent le CMAC sont récurrents et liés à l'histoire, mais plus concrètement encore à la forme juridique retenue, celle d'une association (note de GdC : loi 1901). Ils sont aussi amplifiés par un positionnement politique ambigu d'une des tutelles et par des considérations spécifiques à la situation post-coloniale de la Martinique.

Le problème du statut juridique.

La plupart de 70 scènes nationales se présentent sous la forme d'association de type loi de 1901 qui devrait leur garantir une large autonomie par rapport à l'Etat, représenté par la Direction des affaires culturelles (DAC), anciennement DRAC (Direction régionale des affaires culturelles). Le Conseil d'administration, composé à majorité de  membres de droits représentants l'Etat et la collectivité locale (le Conseil Général), choisit le directeur de la structure en fonction de son projet artistique. Le directeur est responsable de la programmation, il choisit les artistes qui se produiront sur sa scène conformément aux missions imposées par l'État. L'article 3 des statuts impose à chaque scène nationale de « s'affirmer comme un lieu de production artistique de référence nationale dans l'un ou l'autre des domaines de la culture contemporaine; organiser la diffusion et la confrontation des formes artistiques en privilégiant la création contemporaine; participer, dans leur aire d'implantation, à une action de développement culturel favorisant de nouveaux comportements à l'égard de la création artistique, et une meilleure insertion sociale de celle-ci ». Des missions de services publics, des obligations de pluridisciplinarité dans le domaine du spectacle vivant encadrent la fonction de direction d'une Scène nationale. Le président de l'association a un rôle plus honorifique que réel, plus proche de celui d'un président de la IV ème République, réduit à l'inauguration des chrysanthèmes, que de ce celui d'un certain hyper-président de la V ème République. On verra que l'actuel président du CMAC s'identifie en reprenant à son compte l'air connu « On a tous quelque chose de Sarkozy.. »). L'idéal est de choisir quelqu'un de très impliqué dans le domaine culturel sans engagement politique partisan. Un nom s'était dégagé, proposé par le Ministère de la Culture mais au dernier moment le Conseil Général a imposé, un de ses poulains. La petite politique finit toujours par l'emporter sur le politique : c'est parce que le ministère avait proposé un nom que le Conseil général s'est crû obligé d'en proposer un autre. Peu importe la valeur, les compétences, les talents de l'individu considéré, ce qui prime c'est l'origine de sa nomination. Conflit d'égo sur le dos de l'intérêt public et entre autre celui des spectateurs. Un compromis a été passé : L'homme du conseil général, président, et celui du ministère, vice-Président. Lutte de pouvoir entre les deux tutelles, compromis boiteux, le CMAC traine depuis son origine ces gamelles.

Il existe d'autres formes institutionnelles pour les scène nationales. Manuel Césaire, le prédécesseur de Josiane Cueff, lui aussi victime d'une opération de déstabilisation, menée par une partie du personnel de l'Atrium relayée par son employeur, avait renoncé à la direction du CMAC en déclarant : « J'ai demandé que mon contrat ne soit pas renouvelé, parce que les conditions de la réussite de ma mission ne sont pas réunies » (France-Antilles du 04-05-2010). La fusion des deux structures (CMAC et ATRIUM) dont il avait la charge a depuis été mise en quarantaine.

Le conseil général proposait la création d'Établissement public administratif (EPA) et Manuel Césaire la création d' Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC). Derrière cette querelle d'apparence juridique se posait la seule vraie question qui vaille, à savoir celle des relations entre le pouvoir politique et la culture. Pour faire simple, le projet de Claude Lise, alors président du conseil général d'EPA confortait et renforçait la tutelle politique du conseil général sur l'ensemble qui devait résulter de la fusion des deux structures. Le projet de Manuel Césaire, privilégiait l'autonomie et l'indépendance de la culture vis à vis du pouvoir politique. Le CMAC courroie de transmission des politiques ou le CMAC structure indépendante ? L'art doit-il être encadré peut-il être instrumentalisé ou est-il par définition « cette étincelle qui cherche la poudrière » selon la formule d'André Breton ? Vérité ou erreur de la théorie du « reflet » ? etc. Éternel débat sur les rapports entre esthétique et politique, qu'il n'y a pas lieu de développer ici, on se réfèrera sur ce thème à l'excellente synthèse de Jean-Marc Lachaud « Art et aliénation ». On est donc bien dans un conflit politique et la responsabilité des tutelles et notamment celle du conseil général est clairement engagée.

Le rôle ambigu du conseil général

Quelle que soit la couleur de la majorité du conseil général il semble bien que les rapports avec la culture soient des rapports difficiles, peu clairs et impensés.

Qu'il s'agisse de Claude Lise ou de Josette Manin l'impression qui domine est celle d'une navigation à vue et d'un désintérêt profond, au-delà des apparences, pour la culture. Habitués aux rapports de force structurés en formations constituées autour d'un projet plus ou moins cohérent les hommes politiques sont désarmés face à un monde profondément individualiste et en rivalité permanente. « Un créateur, c'est pas un être qui travaille pour le plaisir. Un créateur ne fait que ce dont il a absolument besoin. » soulignait Gilles Deleuze. « Organisez-vous ! disent les politiques aux artistes, que nous ayons un interlocuteur représentatif ! », ce qui est tout à fait significatif d'une profonde méconnaissance du milieu artistique dans lequel on a toujours peur d'être copié par autrui, dans lequel le dénigrement du travail de l'autre, que l'on ne va pas toujours voir pour autant, est constant.

L'ancien président du CMAC, Félix Chauleau, est resté à son poste près de 19 ans au-delà de toute limite statutaire, sans que la tutelle ne s'en émeuve. Elle a toléré des compromissions. Quand un cadre technique est l'objet d'une remontrance pour sa fâcheuse tendance à mélanger intérêts publics et intérêts privés, elle ferme les yeux. Elle patauge entre les exigences d'artistes, qui voudraient pouvoir se défaire des contraintes de sélection propres à une scène nationale et la nécessité de garantir la qualité des spectacles exigée par le public. Elle est aujourd'hui dans l'incapacité de s'opposer aux décisions illégitimes et illégales prises par celui qu'elle a imposé à la présidence de la structure. A croire que l'équipe à la tête du conseil général n'a qu'une mission : prendre en charge la transition vers la fusion des deux collectivités locales, assurer son rôle d'intérimaire en en faisant le moins possible. A moins qu'elle ne tienne un double langage. Désolidarisation officielle et soutien en sous-main ?

David Zobda a-t-il été informé avant ou après le coup de force ?

Hypothèse envisageable quand on sait que Georges-Louis Lebon, (note de GdC : actuel président du CMAC) est un proche de David Zobda le vice-président du conseil général. Les deux hommes, lamentinois, se connaissent depuis longtemps, des liens d'amitiés les unissent.

David Zobda est président de l'office culturel du Lamentin dont G-L. Lebon est le trésorier. Y-a-t-il là une ébauche d' offre publique d'achat (O.P.A.). lamentinoise sur le CMAC ?

Georges-Louis Lebon a-t-il agi vraiment seul ? Il est difficile d'imaginer qu'un élu, vice-président du conseil général, premier adjoint au maire du Lamentin, s'affranchisse d'une règle démocratique aussi élémentaire que celle qui consiste à respecter les décisions majoritaires et encourage des pratiques ressemblant étrangement à celles de patron bafouant le droit du travail! Joint au téléphone David Zobda dit : «J'ai été informé après » et il évoque avec des pincettes l'initiative de G-L. Lebon en constatant avec regret qu'ont été prises des « des initiatives qui dépassent le cadre des principes retenus en juin 2012 ». Il préjuge de la nature du contrat de travail, CDD ou CDI, signé avec la directrice en estimant que sa mission a pris fin tout en étant favorable au versement de compensations financières. Enfin il s'interroge, le mot est faible, sur l'efficacité des services juridiques du conseil général et de la préfecture qui ont laissé passer un tel contrat. On voit bien l'embarras. D'un coté le contrat est forcément un CDD, puisque le conseil général s'oppose au maintien de la directrice actuelle et de l'autre on reconnaît que la nature du contrat est pour le moins discutable et on accepte de verser des indemnités propres à une rupture anticipée d'un CDI.

Le CMAC n'avait certainement pas besoin d'un président se complaisant dans l'affrontement et le conflit et qui au lieu de mettre de l'huile dans les rouages la jette sur le feu. Les faibles capacités dont il a fait preuve à présider le conseil d'administration du 27 juin 2012 qui s'est terminé de façon confuse et brouillonne ne manquent pas d'interroger. Le vice-président du Conseil Général prend ses distances avec la seule initiative connue qu'il ait prise. Erreur de casting ? Il faudra bien aborder la question de son maintien dans un poste pour lequel il n'a pas montré de grandes aptitudes au dialogue. Même en cas de nouveau directeur on voit bien que les germes d'un nouvel affrontement seront toujours là.

Enseignant de gestion dans un lycée professionnel, G-L. Lebon officie depuis quelques temps dans le domaine administratif de diverses associations culturelles, sans jamais avoir été en charge de création ou même de programmation. La disparition, ou la mise en veilleuse du poste de direction de la Scène nationale lui laisserait un espace que ses seuls talents ne lui ont jamais permis de conquérir. Interrogé au téléphone il refuse d'abord de s'expliquer au motif que les tutelles lui interdisent de communiquer sur l'affaire. Ce que démentent les dites tutelles : « Il ne relève pas de nos compétences d'interdire cela à M. Lebon » Confronté à ce démenti cinglant il finit par lâcher quelques mots. Quand on lui fait remarquer que son comportement ressemble à un coup de force et à un viol des décisions souveraines du conseil d'administration, il s'embrouille et quand on lui rappelle que le Code du travail et la Convention collective dont relève le statut d'un directeur d'une Scène nationale interdisent la conclusion de contrat à durée déterminée il se défausse sur Felix Chauleau le précédent président, lui faisant porter la responsabilité de ce « faux-pas » juridique et il finit par raccrocher, avec cette « élégance » déjà évoquée et qui est sans doute constitutive de son être.

L'autre tutelle, le ministère de la Culture joue profil bas.

Le mot d'ordre du Ministère à Paris semble être « surtout pas de vague » dans les anciennes colonies. Pas de conflit avec les autonomistes, ni avec les indépendantistes. Le péché originel du ministère de la Culture est « d'être le représentant d'une culture française forcément étrangère, forcément coloniale, forcément impérialiste, forcément génocidaire de la culture martiniquaise!».  Discours univoque et simpliste, tout à l'opposé d'une unité des contraires, ante-dialectique par haine de la pensée mais qui finit par être intégré, assimilé, par les fonctionnaires en place, avec ce sentiment de culpabilité post-coloniale qui en découle. En caricaturant on pourrait dire que l'on n'est pas loin des « Sanglots de l'homme blanc » de Bruckner avec une politique qui réduit les représentants ministériels en Martinique au rôle de trésorier-payeur. Persuadés que le ministère de la Culture avait pris goût à avaler des couleuvres, on peut penser que certains acteurs de cette crise ont fait peu de cas de ses représentants et n'ont pas hésité à le mettre une fois de plus devant le fait accompli. Bafouer l'autorité de l'État français est vécu comme un signe d'autonomie, d'indépendance alors qu'il ne s'agit dans ce cas précis que de contre-dépendance. Séquelles d'une histoire coloniale.

La situation particulière de la Martinique.

Dans ce qu'on appelle « les confettis de l'Empire » demeurés sous l'influence de la France la situation n'est pas partout la même. La Réunion sans scène nationale produit et exporte des spectacles de qualité. La Guadeloupe ne connait pas, dans le domaine de la culture, ces crises exacerbées et elle aussi produit et exporte des spectacles de qualité. Alors pourquoi ces tensions dans l'île aux fleurs?

La Martinique a cette particularité, qui fait sa fierté, à juste titre, d'avoir donné naissance à Aimé Césaire pour qui les mots ont pouvoir de transformer la réalité, de créer la réalité. L'histoire et la politique sont constitutives du discours poétique. La création du SERMAC en est le témoignage le plus visible. D'emblée le domaine de la culture a été désigné comme un terrain d'affrontements politiques. La création du CMAC a été la réponse du Ministère de la Culture à l'initiative césairienne. Le problème aujourd'hui est que la génération de Césaire a disparu. On se partage l'héritage sans être en mesure de le reprendre à son compte. « Les héritiers présumés occupent aujourd'hui des postes administratifs dans le domaine de la culture sans pour autant participer directement à l'acte créatif » déplore Hervé Deluge, acteur de premier plan dans ce conflit à propos duquel il n'hésite pas à dire : « Dans un combat comme celui-là, il ne faut pas lésiner sur les moyens ! ». La déraison l'emportant il en oublie que bien des causes ont été irrémédiablement déconsidérées par les moyens utilisés pour les défendre.

Sortir de l'impasse

Le conflit est arrivé à un tel niveau de tensions, d'irrationalité et de passions qu'il semble peu probable qu'un compromis autour d'un « travailler ensemble » soit possible. Chaque partie doit en prendre acte. La pérennité de la fonction même de direction semble compromise, le personnel jaloux de l'autonomie acquise lors des conflits de ces dernières années s'accommoderait plus facilement d'un simple chargé de mission ou à la rigueur d'une direction collégiale. David Zobda se dit favorable au maintien du label « Scène nationale » comme bon nombre d'artistes, d'autres comme Aurélie Dalmat (note de GdC : ancienne membre de la commission culture apparenté Mouvement indépendantiste martiniquais (MIM) n'y sont pas opposés. Il se prononce en faveur de la désignation d'un collectif de gestion chargé de la gestion et de la programmation dans l'attente d'une nouvelle procédure de recrutement d'un directeur.

Quelque soit l'issue, le préfet aura à montrer que l'État n'accepte pas qu'on humilie ses représentants et ses fonctionnaires. L'Etat dont il est question ici n'est pas tant l'État français que le principe même d'un État de droit.

Face à cet énorme gâchis, l'habitué du CMAC, le spectateur lambda ne peut que s'inquiéter et se poser des questions très terre-à-terre. Qu'en est-il des contrats déjà signés avec des artistes ? Qu'en est-il de la programmation pour la saison qui vient ? Frédéric Thaly dit ne pas y travailler, faute de consignes de la direction puisque direction il n'y a plus ! La directrice (?) dit en avoir une sous le coude qu'elle a concoctée chez elle puisqu'elle ne peut se rendre dans son bureau ! Il est grand temps de sortir de cette situation dramatico-comique, stupido-inconsciente, libertino-ravageuse, tragico-grotesque en un mot théâtralement ubuesque.

L'avenir de la Martinique se conjugue au présent. Ce serait hypothéquer le futur démocratique de la Martinique que de cautionner des méthodes de gouvernance irresponsables, et des formes de luttes sociales porteuses de reniements démocratiques. Tout ce qui relève du coup de force, du refus du dialogue, de la flatterie xénophobe, du machisme le plus honteux, du double discours, tout cela est porteur d'une grave rupture du lien social. La fin ne justifie pas les moyens, celle-ci dépend en dernier ressort, en dernière instance, des moyens qui l'ont déterminée.

Fort-de-France le 09/09/2012

Roland Sabra

 

N.B. Ceci est la version originale, non expurgée, d'un texte de Roland Sabra adressé à France-Antilles et publié avec quelques coupes.

Gens de la Caraïbe y a ajouté quelques précisions concernant les focntions des personnes citées.

Lire l'article dans son intégralité sur le site de Madinin'art


 

 

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