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1991-2012 : histoire du Salon du livre de Pointe-à-Pitre


Après quatre années d’absence, le salon du livre de Pointe-à-Pitre fait son grand retour sur plusieurs sites de la ville du 17 au 20 octobre 2012.

 Voilà plus de vingt ans que la 1ère édition du salon du livre de Pointe-à-Pitre voyait le jour sur le thème des « bébés lecteurs » au Centre des arts et de la culture.

Les premiers rendez-vous furent organisés par la direction des bibliothèques, et conçus par la ville de Pointe-à-Pitre administrée à l'époque par Henri Bangou.

À partir de 1994, une association constituée pour l’occasion « Livre en l’île » sous la direction de Brigitte Touzeau s’est emparée de cette manifestation jusqu’en 2005 avec pour mission de l’organiser, la gérer et l’animer pour le compte de la Ville.

C’est durant cette période que le salon du livre de Pointe-à-Pitre prend une autre dimension, devenant ainsi, l’événement culturel fort de l’année attendu des Guadeloupéens et des scolaires, dépassant les limites de la ville.

 

Des renoms de la littérature internationale tels que Gary Victor (Haïti), Florent Couao-Zotti (Bénin), Amadou Kourouma (Côte d’Ivoire), Merle Hodge (Trinidad) ainsi que de grandes maisons d’édition françaises et caribéennes ont participé à ce salon pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Au moment où Max Jasor, Louis Garel, Michèle Montantin et Brigitte Touzeau ont créé le Salon, de nombreux textes et auteurs régionaux émergeaient en littérature de jeunesse. Avec très peu de moyens, l’événement permettait à ces auteurs d’être connus auprès de leur public, en dehors des librairies.  Les scolaires ont toujours suivi de près le salon du livre de Pointe-à-Pitre, grâce à des enseignants assurant une préparation en amont de l’événement. Ainsi, l’étude des ouvrages et biographies, a favorisé une participation dynamique entre les auteurs et le jeune public à peine intimidé.

D’une édition à l’autre, soutenues dès le début par la Direction régionale des affaires culturelles, le Conseil général et la Région Guadeloupe, les thématiques variées ont tenté de coller au plus près des préoccupations du moment : « L’environnement et la nature » en 1991, « Parlez-nous d’amour » en 2003, la mise en exergue du livre et le multimédia en 1996 ; des événements historiques tels que  « La traversée » correspondant au 500ème anniversaire de la traversée de Christophe Colomb en 1993, la célébration du bicentenaire de la République d’Haïti en 2004, les pays à l’honneur tels que le Brésil en 2008.

Autant de thématiques choisies mais aussi des spectacles produits pour tous les publics pour susciter et ou entretenir l’appétence pour la lecture, interroger et s’ouvrir au monde, stimuler la réflexion, confronter des pensées, s’identifier à des personnages, des situations, s’évader, rêver, espérer.

 

En cela, les débats, les ateliers, les expositions ont toujours tenu une place prépondérante dans le salon qui a par ailleurs, initié de beaux projets, tels que la réédition du Récit Olaudah d’Equiano par Sylvana Artis en 1998. Parmi les nombreux temps forts, le colloque organisé sur Maryse Condé en 2004, a laissé une empreinte vive sur les organisateurs notamment à travers l’échange rare entre l’auteure et le public guadeloupéen.

Des hauts et des bas

D’abord opéré par le réseau des bibliothèques de la ville, le salon s’est véritablement développé avec l’association « Livres en l’île », pour devenir l’un des événements culturels majeurs de Guadeloupe de 1991 à 2008, période pendant laquelle l’affluence avoisinait les 15.000 visiteurs sur les quatre jours du Salon. Les orientations définies par la directrice Brigitte Touzeau en ont indéniablement fait une vitrine internationale avec la présence de grandes maisons d’édition nationales et de sommités littéraires. Puisqu’il n’existait pas de salon similaire dans la région, sous l’impulsion des libraires, des éditeurs et des partenaires institutionnels,  les organisateurs ont ouvert la manifestation à la littérature générale et au soutien à l’édition régionale.

Quant aux bibliothécaires, Brigitte Touzeau se souvient de les avoir toujours associés notamment sur la réflexion concernant la ligne éditoriale et sur les actions de médiation possibles en direction du jeune public en particulier au-delà des simples expositions.

Cependant,  compte tenu de l’envergure que prenait le salon, il fallait structurer le projet de façon à maintenir sa pérennité et sa qualité. Cependant, les bibliothécaires sont se sentis moins impliqués en raison de la création d’une équipe projet faisant elle-même appel à des prestataires extérieurs et professionnalisant ainsi la manifestation (commissariat littéraire, communication, organisation technique, recherches de partenaires, régie publicitaire, etc..).

Selon José Henry, le régisseur du salon du livre de l’époque, la manifestation couvrait les moyens de son ambition d’expansion au delà de l’enceinte de la ville, avec la volonté de satisfaire la demande d’autres communes d’accueillir elles aussi, des auteurs. Seulement, des difficultés budgétaires ont émaillé l’association dès lors qu’elle a voulu renforcer sa base administrative et structurelle et son autonomie. Au point où l’association dépose le bilan en 2006. À l’issue d’un séminaire en 2007 visant à penser le Salon du livre, la ville reprend les rênes de l’organisation et lance un appel d’offre.  Une équipe a été retenue et a travaillé avec un comité de pilotage pour la dernière édition connue de 2008, dédiée au Brésil en raison du pacte d’amitié liant Belèm à Pointe-à-Pitre.

En recentrant ses objectifs en faveur du développement du livre et de la lecture pour tous mais avec un budget restreint, un projet moins ambitieux et surtout la commande de la ville de recadrer le salon sur Pointe-à-Pitre, la dernière édition prenait déjà une nouvelle forme.



Nouvelle ère


Soucieuse de relancer et de pérenniser cette manifestation culturelle d’importance, la ville de Pointe-à-Pitre signe donc en 2012 le grand retour du salon du livre de Pointe-à-Pitre sous l’impulsion de son maire Jacques Bangou. Le retour aux fondamentaux est préconisé avec ce leitmotiv décliné comme suit : se vouloir populaire, accessible, miser sur l’échange, la proximité, et bénéficier du concours de tous les amoureux de la lecture. Ces ingrédients ont contribué au succès des seize éditions précédentes au point où José Henry se rappelle ému, ces enfants d’hier devenu adultes qui lui disent au hasard d’une rencontre à quel point le salon les a marqués.

 


Si du livre d’autres cheminements apparaissent, on ne peut lui ôter son caractère précieux, sa fonction et son utilité.  L’ambition des organisateurs du Salon revient donc à remettre le livre au centre de la vie des enfants et des parents.

 

© Ville de Pointe-à-Pitre 2012. Cet article a été commandé par la ville de Pointe-à-Pitre à Gens de la Caraïbe - Affiches : Archives de Max Jeanne.

 

LIRE AUSSI

> Les 16 éditions précédentes du Salon du livre
> Entretien avec Marie-Denise Grangenois sur l'absence d'événements liés au livre en Martinique. Extraits :
« Au niveau de l’organisation, je pense qu’il s’agit prioritairement d’un problème de relation entre les gens. Selon la personne qui organise, tel écrivain ne voudra pas venir, tel autre intellectuel ne participera
pas ou ne s’impliquera pas pour faire d’une manifestation un succès et lui permettre de s’inscrire dans le temps. C’est assez décevant, mais les rapports entre les gens sont très marqués affectivement et sont donc peu professionnels.
Cette dimension affective envahit tout et a parfois des conséquences graves. [...] »

Lire la suite p.181 dans le Guide de la Caraïbe culturelle 2010

 

 

 

 

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