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On a lu : « La rue des Champions » de Georges Brédent

 

   Un pan de l’histoire industrielle de la Guadeloupe est retracé par George Brédent dans ce récit au centre duquel trône la plus importante usine de canne à sucre en Guadeloupe, l’usine Darboussier située au sud-est de la ville de Pointe-à-Pitre. À travers les souvenirs de l'architecte Murat, l’auteur a tenté de redonner vie à ce vestige industriel des années 50 et 60 autour de son point névralgique. L' enfance de l'architecte dans le quartier Darboussier, ressurgit alors que ses jeunes collaborateurs et lui s’apprêtent à travailler sur le plan d’aménagement de la ville.


 

 


L’enfance de l’architecte Murat, personnage principal, se passe essentiellement autour des usines de canne à sucre de Bonne-Mère à Sainte-Rose et de Darboussier à Pointe-à-Pitre, car son père y travailleit en tant que cadre. Murat est féru de sport et particulièrement de basket ball et de football. Il aura cependant du mal à donner libre cours à sa passion pris dans l’étau de ses parents, lesquels accordent une conscience aiguë, quasi-obsessionelle à cette classe moyenne dont ils se sentent privilégiés. Pour cet adolescent ambitieux et empreint de liberté, le profond contraste entre la volonté affichée de sa mère de ne pas se mélanger aux classes inférieures et celle de son père, pour qui le salut ne passe que par la réussite scolaire, risquent de créer un dissentiment générationnel. Aux yeux de ses parents, il importe de protéger leur fils, d’ouvriers aux manières rustres ou indigents, à l’influence néfaste.

En dépit de relations quelque peu aseptisées, Murat parviendra à s’immerger dans la culture populaire grâce à ses compagnons de route : son cousin Sady extrêmement curieux a vécu quelques années en «métropole» avant son retour en Guadeloupe, sa mère, ayant voulu tenter l’aventure du Bumidom ; et Fulbert, un ami de quartier discret et athlétique avec qui il a passé beaucoup de temps à jouer au football et au basket ball.

En dépit d’une éducation élitiste et cloisonnée, Murat, complètement versé dans la culture populaire, s’échine tout au long du récit à faire bouger les frontières, de sorte que les univers se côtoient, échangent et se mélangent. Quelle autre passerelle que celle du sport comme véritable vecteur de cohésion sociale ? S’il est vrai que dans cette Guadeloupe de classes, la solidarité s’exprime plus facilement en temps de déchaînement climatique, au quotidien, compétitions sportives, jeux, contes, chants et danses rythment la vie des quartiers populaires.



© Ville de Pointe-à-Pitre, 2012


> Georges Brédent, La Rue des Champions, Pointe-à-Pitre, Jasor, 2002, 15 €


Bumidom : Mouvement migratoire vers la France hexagonale organisé par les autorités.




La Rue des champions est le premier roman de Georges Brédent né en 1953 à Pointe-à-Pitre. En 2008, toujours aux éditions Jasor, il signe La Ville carnaval L’énigme du Mardi-gras, (roman policier). Il exerce des responsabilités publiques au niveau de sa ville natale et préside la commission des affaires culturelles du conseil général de la Guadeloupe.

 

Georges Brédent est invité au 17° Salon du livre de Pointe-à-Pitre et interviendra dans la causerie
Pointe-à-Pitre, en toutes lettres... : ville décor… ville personnage…
le samedi 20 octobre 2012 - Pavillon de la ville à  16h00

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