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Mylène Wagram : Gerty nourrit mon imaginaire de comédienne »

 
2013-Mylene-Wagram
Ma première rencontre avec Gerty Dambury s’est faite par le théâtre. C’était au Festival d’Avignon, avec Lettres indiennes, en 1996. La mise en scène d’Alain Timar, sobre à l’extrême, laissait entendre et recevoir la force d’un propos dans une langue concrète. Ses mots donnaient aux acteurs, une vibration humaine, que nous, spectateurs, vivions comme une catharsis. Mon souvenir en est encore très vif.


 
Puis j’ai lu Mélancolie, (Ed. la Flèche du temps), où je découvrais des histoires bouleversantes. Récits, inspirés peut-être de faits et d’anecdotes de Guadeloupe, où les relations entre les êtres étaient conflits, fragilité mentale, espérance, rêves déchus et par-dessus tout désir de vie. J’aime, dans ce livre, la part donnée à certains personnages et à leur fragilité sociale. Des thèmes comme la mort, la folie, la violence et l’amour sont traités avec une justesse et un humour propres à son univers littéraire.
 
Ensuite le théâtre m’est revenu sous forme de lectures avec Carême et Enfouissements. Des pièces assez dures où une fois de plus les laissés-pour-compte et les plus fragiles prennent paroles dans une intrigue sans complaisance. Les rapports humains y expriment une dimension universelle.

 

Cette ouverture a une grande importance à mes yeux. Puis j’ai vu Confusion d’instants, en extérieur, dans un quartier urbain des limbes de Pointe-à-Pitre. Le thème en est la confusion qu’engendre la société de consommation dans l’île. C’était la 1ère mise en scène que je voyais de Gerty Dambury et découvrais ainsi sa démarche théâtrale. Les cages dans lesquelles se trouvaient les personnages faisaient écho à celles des spectateurs juchés aux fenêtres de leurs immeubles. Comme si l’urgence à dire n’avait pour vecteur que la parole directe, incarnée et frontale.
 
C’est en voyant Trames que j’ai pu confirmer mon intuition. Cette pièce reste celle que je préfère du répertoire de Gerty. Tous ses thèmes récurrents s’y trouvent dans une épuration qui densifie encore son propos.
 
J’ai aussi pu lire quelques poésies d’elle, dans Fureur enclose ou Rabordaille. Me revient souvent à l’esprit le poème Seule pour la puissance de l’ellipse stylistique. C’est en peu de mots et par de petits riens du quotidien que tout nous est dit sur cette femme : un bel hommage !
 
Gerty Dambury fait assurément partie des auteurs et dramaturges qui nourrissent mon imaginaire de comédienne. Ses écrits sont un gage d’espoir pour mieux nous appréhender, nous saisir et réinventer un vivre ensemble.
 
 
Mylène Wagram, comédienne.
 Paris, le 23/02/13
 

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