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Et si ... (à toi, Wilfrid)

2014 wilfrid ronde

Si l’on devait aujourd’hui imaginer Wilfrid, ce ne pourrait être que comme une plante.

Une plante nécessairement tropicale et tellement forte qu’elle aurait survécu aux cyclones, aux tempêtes tropicales, aux carêmes sans fin et aux tremblements de terre.

Une plante djòk qui sortirait à chaque fois des épreuves traversées ragaillardie, la tête haute bien que modeste et discrète.

 

Curieuse voire même intrépide parfois, elle aurait soif de comprendre le monde autour d’elle, afin de contribuer à l’élaboration d’un monde meilleur. Comme le petit colibri faisant sa part en apportant sa goutte d’eau pour aider à éteindre l’incendie de sa forêt.

Lucide mais déterminée quant au rôle qu’elle pourrait jouer dans l’écosystème, elle s’investirait avec sérieux, ne reculant ni devant les responsabilités ni devant les difficultés. Petite plante solidaire de son environnement, elle donnerait sans compter sans attendre de retour et sans y mettre de condition, pour que règne l’harmonie entre les différents plantes dont elle aiderait au besoin le développement.

Et toujours soucieuse d’aller de l’avant et de se dépasser, elle se lancerait dans des expériences extrêmes, avec courage et témérité, grimpant le long des murs, repoussant des pierres, dansant dans le vent et le douvanjou. Ivre de vie…

 

Mais un jour qu’elle penserait encore plus beau que la veille, un jour lui promettant un lendemain merveilleux, elle serait brutalement fauchée. Blip,  sans préavis et sans signe annonciateur. Le temps alors serait comme suspendu. Et la nature environnante en deviendrait si abasourdie, qu’elle resterait deux jours durant dans l’incompréhension, gardant au cœur l’espoir tenace de la voir resurgir, avant d’admettre l’inconcevable et de sombrer dans un chagrin inconsolable. 

Quelque temps après, l’exemple de courage et de dignité qu’aurait donné une si belle personne ne pouvant que rayonner, ces qualités se transmettraient alors, à nouveau, à toute les plantes environnantes, contraignant tout un chacun à dépasser sa propre douleur. 

Après quelques pluies et soleils brûlants, ce que cette plante aurait offert, semé, donné et partagé, ressurgirait à l’image de la plante disparue dont son environnement garderait le souvenir vivace et prolongerait l’action. Fermement décidé à mener un combat autour de soi, chacun à son échelle, pour qu’un monde solidaire et harmonieux se développe.

 

Tu es, Wilfrid, cette plante forte qui continuera à nous accompagner et qui nous aidera à mieux vivre.

Nous te remercions à nouveau et te remercierons toujours du temps, de la bienveillance et surtout de tout l’amour que tu as su offrir à ta famille, à tes proches, à tes collègues, à tes élèves sans jamais être en quête de reconnaissance.

à toujours ...

Scarlett, Mireille, Karole, Dominique, Blaise, Myriam, Anaïs, Alexis, Axelle, Anne, Patricia, Nathalie, Delphine, Valérie, Christiane, Hélène, Gerald, Jocelyn…...et tant d’autres membres de Gens de la Caraïbe-Guadeloupe, Gens de la Caraïbe et sympathisants qui présentent leurs sincères conoléances et cette prière amérindienne à la famille et aux proches.

Wilfrid Louis-Régis est décédé le 11 janvier 2016 à la Pointe des Châteaux (Guadeloupe) des suites d'un accident. 

La veillée de Wilfrid Louis-Régis a eu lieu au funérarium de Blanchet Morne à l'eau mardi 20 septembre, à partir de 18h.

Wilfrid Louis-Régis  a adhéré à Gens de la Caraïbe en 2002, puis a rejoint Gens de la Caraibe-Guadeloupe qu'il a présidé.

Photo : ©Hélène Valenzuela, 2014 - Merci !

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