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Cinéma

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« Paroles d'intérieur » un film de Christian Foret et Alain Agat

En ces temps d'annonce de mobilisation générale et à la lumière d'engagements non respectés de part et d'autres, le film de Christian Foret et Alain Agat « Paroles d'intérieur » appelle à la réflexion sur le mouvement de grève générale spectaculaire qu'a connu la Martinique en février 2009 et qui dura 38 jours.

Des amis, réunis au rez-de chaussée d'une case créole d'une commune du Sud de l'île échangent leurs points de vue sur ce mouvement « qui a causé des dégâts collatéraux », donné à certains un « sentiment d'impuissance » et à d'autres le sentiment de redécouvir l'humanité de leur ìle. Si le chiffre de 100.000 personnes est avancé pour le nombre de manifestants dans les rues foyalaises scandant « Matinik sé ta nou », parmi les voix que l'on entend dans ce film porté par beaucoup de poésie, une jeune femme presque timidement évoque Amilcar Cabral, car elle aurait préféré à ce grand blocage, un mobilisation qui amène à« réfléchir pour avancer » dans une île où sévit une «culture du non-dit ».

« Paroles d'intérieur», un film de Christian Foret et Alain Agat, 2009, 52 minutes

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Je suis allé voir « Case départ » par Frantz Succab

Les premières questions que je me pose au sortir d’un film sont simples : quel est le problème posé et comment a-t-il été traité ? Selon moi, « Case départ » ne pose aucune question nouvelle, mais une quand même : quand on nie son passé ou détruit ce qui témoigne d’une mémoire... Eh bien, ce passé vous retourne en pleine gueule. Vous risquez, d’une manière où d’une autre de le revivre  en pire.

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Le pays du dedans

"Le pays à l’envers" de Sylvaine Dampierre aurait pu aussi bien s’appeler le pays du dedans tant il nous plonge au cœur d’un territoire que l'on n’a pas l’habitude d’aborder de l’intérieur.  Un nom, celui que l’on porte aujourd’hui lorsque l’on est guadeloupéen, n’est pas juste un patronyme. Il est d’abord une histoire, celle d’un peuple qui bien loin des clichés, porte la trace commune des peuples colonisés, celle de l’esclavage.
En faisant une remontée dans le temps, à la recherche de ses origines, et dans un dialogue avec son père, Sylvaine Dampierre, livre avec une grande, très grande générosité, un peu de l’âme guadeloupéenne. Celle qui s’est forgée dans la douleur, et qui pourtant a surmonté l’innommable. Cette âme là, c’est d’abord celle liée à l’identité et au questionnement que chaque fille et fils d’esclave porte en lui consciemment ou non. Qui sommes nous, d’où venons-nous? Quelles représentations avons-nous de notre histoire et donc de nous-même? Peut-on s’aimer soi-même, s’ancrer dans le présent et se projeter dans l’avenir, si l’on ne se connaît pas?

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Aliker de Guy Deslauriers, sortie nationale le 03 juin 2009

"Un journaliste ....." ...  "Un quoi ?" manque de s'étrangler le béké usinier Aubéry en demandant qui a osé dénoncer une fraude fiscale qu'il a commise pour le compte de son usine sucrière du Lareinty au Lamentin en Martinique. Aliker sera assassiné, "suicidé" fera noter le procureur dans le procès verbal face à ce corps noyé, les mains ligotées dans le dos et le visage tuméfié. Les auteurs de ce meurtre perpétré un certain 11 janvier 1934 n'ont jamais été inquiétés. Seuls de nouveaux éléments pourraient réouvrir l'affaire. Guy Deslauriers  et Patrick Chamoiseau nous livrent avec "Aliker" un film tout en tension réécrivant cet épisode qui a marqué la Martinique du début du siècle dernier et qui a façonné en partie nos sociétés d'aujourd'hui.

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Les 16 de Basse Pointe, un film de Camille Mauduech

Oserais-je avouer que je n’avais jamais entendu parler de l’affaire des 16 de Basse-Pointe ? C’est pourtant le cas.  Un béké, Guy de Fabrique, est assassiné sur une plantation de canne dont il est le gérant. S’ensuit une chasse à l’homme qui au bout de plusieurs semaines se soldera par l’arrestation de 16 hommes, 16 ouvriers noirs de la plantation. Leur culpabilité ne fait aucun doute. Cela ne se passe pas au XVIIIème siècle mais en 1948, 2 ans après la départementalisation de cette ancienne colonie française, la Martinique. Pour éviter les remous et sans doute  garantir un procès exemplaire de ces hommes que tout condamne à priori, ils seront expédiés, à fond de cale, vers Bordeaux. Ce procédé issu d’une époque qu’on croyait révolue, n’est qu’un trait de la sombre histoire que révèle Camille Mauduech. La réalisatrice, qui a passé plus de cinq ans à éplucher des archives, cinq ans pour rencontrer ceux toujours vivants.

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