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Ce qu'ils disent d'elle

Du départ de Maryse Condé de la Guadeloupe

Je ne connais pas personnellement Maryse, ne l’ayant vue qu’à diverses conférences lorsque je vivais à Londres. Mais Maryse est l’une des grandes figures qui ont inspiré mon retour en Guadeloupe. Ironiquement, au moment où je prenais ma décision de préparer ce retour, la presse annonçait que Maryse Condé quittait la Guadeloupe définitivement. Je crois que malheureusement la Guadeloupe ne tire pas assez les leçons d’un tel départ qui a le mérite, à mon sens, de pouvoir se référer au « syndrome Condé » à savoir que la Guadeloupe n’est toujours pas en mesure d’utiliser au mieux les ressources humaines de talent qu’elle renforce, forçant ces dernières à partir ailleurs poursuivre leur développement personnel… Un geste fort qui traduit bien le mal-être de vivre une situation ambiguë comme l’est celle de vivre en Caraïbe française…

Si la Guadeloupe rappelait Maryse à venir se réinstaller en Guadeloupe, répondrait-elle à l’invitation ?

Jo Ferly, plasticienne, Le Moule, Guadeloupe

 

« L'écriture de Maryse est soucieuse de justice et de vérités » Evelyne Trouillot

Des éclairs d’amitié ont surgi entre Maryse Condé et moi, à Port-au-Prince, dans le cadre de la première édition haïtienne du festival Etonnants voyageurs en 2007. Eclairs teintés chez moi d’affection et de respect. Sans doute déjà présents depuis ma lecture de « Le cœur à rire et à pleurer », ce livre d’une enfance en quête de vérités, de bonheur simple dans un monde complexe où la réalité de ce qu’on voit exige souvent une autre lecture, d’autres regards. Une écriture lucide et généreuse, sans complaisance mais soucieuse de justice et de vérités. Parcourant le monde d’un continent à l’autre, d’île en île, revisitant l’histoire, éclaboussant les silences et les interdits. Comme cette enfant déjà prise dans le dilemme de l’écrivain toujours en proie au questionnement au risque de faire mal à soi et aux autres, qui m’avait séduite. Et je dis aujourd’hui merci à Maryse d’être restée fidèle aux exigences de son enfance.

Évelyne Trouillot, auteure, Port-au-Prince, Haïti

Julius Amédée Laou : « Maryse vous projette vers l'avant »

La première fois que j’ai rencontré Maryse Condé c’était sur mon écran de télévision, à Dakar en 1981. Elle était venue au Sénégal pour donner une conférence et présenter un roman. J’avais quitté Paris pour vivre en Afrique, ce qui était pour moi un choix existentiel majeur mais néanmoins difficile à vivre. Je baignais donc dans un petit marasme personnel quand un jour, allumant ma télé je vis cette femme antillaise comme moi, parler.

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Maryse, « la Reine-mère » pour Catherine Le Pelletier

J’ai découvert Maryse Condé au fil de mes lectures. Mon  cursus scolaire classique n’offrait aucune ouverture sur la littérature caribéenne et c’est le dynamisme de libraires, à Cayenne, qui m’a permis d’accéder à ses ouvrages.

Nous nous sommes rencontrées pour la première fois dans une cabine de maquillage, à RFO Guyane, à Cayenne. Nous devions enregistrer, dans les conditions du direct, un numéro de mon émission littéraire télévisée, Encre Noire. Alors que je me sentais assez stressée, elle m’est apparue, tout sourire, manifestement contente d’être là.
Elle sortait de l’avion en compagnie de Thierry Jean-Charles - à l’initiative de sa venue en Guyane - responsable d’une librairie. L’idée d’enregistrer, pendant une heure à la télévision, un magazine sur son œuvre, lui plaisait. Son mari et traducteur, Richard Philcox était présent. C’est de ce jour-là, qu’est née l’amitié-complice que nous avons partagée tous les trois en Guyane, en Guadeloupe et aux Etats-Unis.

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