Portraits
Véronique Kanor, cinéaste
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- Publié le lundi 1 octobre 2012 17:19
(autoportrait)
Pendant longtemps je voyais ma vie remplie d’objets manquants, de mornes ras et d’idées sans lendemains.
J’ai fait de longues études, histoire de continuer à ne pas me soucier de l’avenir. (Je voulais rêver). J’ai fait attachée de presse et j’ai détesté ça. J’ai créé un fanzine, Rebelle, qui prétendait faire surgir une parole nègre et guerrière dans un Orléans très orléanais. (Je voulais tenir une caméra. J’écrivais des débuts de scénarios avec mes angoisses post-adolescentes.) Un numéro plus tard, la clé était sous le paillasson. J’ai fait Paris pendant une dizaine d’années en me disant chaque année que c’était la dernière. (Je voulais partir. Partir pour aller où ?)
J’ai gagné ma croûte à faire des sujets sur la culture, sur la société, sur l’éphémère pour France 2, 5, RFO. Quelques émissions de radio : Melting Popote sur une radio libre où il s’agissait de racler les fonds de gamelles des cultures du monde. C’était chouette.
Un jour, c’est arrivé comme ça : j’ai fait un film, La Noiraude, avec ma sœur Fabienne. On voulait essayer de dire nos en-dedans, parler d’une négresse qui ne serait pas nous, quoique… C’était en 2005. Il faisait froid à Paris quand nous avons tourné. Nous découvrions ce que ça voulait dire que faire du cinéma. Nous écoutions Eugène Mona «Guérié Guérièz» pour affronter la tâche. C’était difficile. C’était génial. (Mes idées ont commencé à se construire un avenir.) 3 ans plus tard, nous retroussions à nouveau nos manches pour un autre film court, C’est qui l’homme ?, tourné à Brest parce que.
Entre temps, toujours en quête du lieu possible, j’ai immigré en Martinique. Retour au pays pré-natal. Atterrissage dans une zone de turbulences, sur une terre que je croyais mienne à force de l’avoir tellement côtoyée dans les livres, la musique, dans les souvenirs des parents et cet exil intérieur.
Ile affamée, vieille dame sur ses gardes, la Martinique m’a été violente, beaucoup. Mais en fouillant la terre, j’y ai trouvé deux-trois objets qui me manquaient, une énergie vitale, des ignames et une réflexion sur la mort, sur la foule, sur la face des gens. Cette île est devenue ma maison, l’atelier où j’ai mes pinceaux, mon œil, mes entrailles à l’air libre. Sur les murs de ma case, des textes blogués, slamés, des photographies sur l’errance, Une femme qui passe (fiction sur l‘aliénation amoureuse), des flashs filmés sur une grève qui m’a bouleversée en 2009 (Barè, Broyage de cannes) et Ainsi soit-il, pamphet sur le sens de la vie.
J’ai sillonné les verticales martiniquaises en prenant une caméra et le vent de face: une émission culturelle sur RFO (Dans le pitt), des sujets à droite, à gauche, un portrait de 52’ sur l’avocat militant Marcel Manville et quatre documentaires radio sur les Antilles d’aujourd’hui, pour France Culture ont jalonné ma route.
En 2010, je suis montée sur scène pour présenter tout ça, dans un condensé intense. Solitudes Martinique est un spectacle de pict-dub poetry où se mêlent photographies, fragments filmés et textes engagés pour dire la Martinique telle que je la souffre et telle que je l’aime. J’ai pris la hauteur de la vieille dame. Maintenant, je sens ma vie chargée de ses humeurs à elle, de ses mornes embrassant le soleil et de ses lendemains pleins de pains sur ma planche.
Véronique Kanor, Orléans, 2012.
> À voir en ligne
Barè (Barreurs), un 26 minutes à l'intérieur de la grève avec ceux qui posaient les barricades de la grève générale de 2009 qui immobilisa l'île 38 jours.
Broyage de cannes, 2009 sur la grève générale de 2009 en Martinique
La qualité de la mise en ligne est malheureusement médiocre comparé au document original.
Les musiciens de Kan’nida : « yo ka travay ! »
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- Publié le lundi 21 novembre 2011 21:53
À l’occasion de la fête des musiciens du 22 novembre, Gens de la Caraïbe choisit de s’attarder sur le réputé groupe guadeloupéen de gwoka Kan'nida composé de musiciens amateurs, dans le sens où la plupart ne vit pas de cette pratique mais ne pourrait pas vivre ... sans cette pratique.
Ainsi, malgré leur statut « amateur » la formation ne cesse de participer à de nombreux festivals internationaux (Copenhague, Genève, Rabat, Angoulême, Paris, Nouvelle-Orléans, etc.) ainsi qu’à d’innombrables léwoz au pays. Kan’nida n’hésite pas à investir ses propres deniers pour produire quelques-uns de ses nombreux CD et vit en gwoka tous les rites sociaux guadeloupéens (veillées mortuaires, rites du travail notamment les koudmen, et rites de la fête). Kan’nida fait du gwoka un patrimoine terriblement vivant.
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Marie-Michaël Manquat, parcours d’une citoyenne à l’énergie flamboyante
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- Publié le vendredi 4 juin 2010 10:58
Marie-Michaël Manquat précise qu’elle est de la famille Lassource, du Vauclin en Martinique. Arrivé en « métropole » à Villiers-sur-Marne dans les années 70 à l’âge de 8 ans, quand le combat était « chaud », raconte-t-elle en riant, « j’ai compris qu’il fallait me battre ». Hector Poullet, l’auteur guadeloupéen que nous lui présentons au Salon du livre en 2010, lui demande, amusé, si elle se bat toujours. Sans hésiter, elle rétorque : « Oui ! mais avec des mots ! ».
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Pedro Ureña Rib quitte Cayenne pour rejoindre La Havane en passant par Santo Domingo
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- Publié le lundi 30 août 2010 21:40

Pedro Ureña Rib, caribéaniste, connu dans la région pour ses engagements en faveur de la prise en compte de l'inter-culturalité dans les conceptions que nous avons du monde aura passé une partie de sa carrière universitaire en République dominicaine puis en Martinique et enfin en Guyane, terrain de recherche fort intéressant pour notre passionné de rencontres et d'échanges culturels. D'ailleurs , l' « inter-culturel » qu'il pourrait avoir inventé résume le concept qui lui sert de moteur vital, tout comme l'espíritu positivo dominicain semble lui garantir une éternelle jeunesse. Ce jeune homme de 65 ans*, maître de conférence spécialisé en linguistique quitte l'enseignement qu'il a pratiqué avec passion ces dernières années à Cayenne pour s'installer à La Havane où il travaillera sur un projet de dictionnaire en ligne de la Caraïbe avec l'université cubaine. A cette occasion, Pedro Ureña Rib a été nommé ministre conseiller du président Léonel Fernandez à Cuba en juin 2010.
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Nasson 1961-2008 - Parcours
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- Publié le lundi 29 décembre 2008 04:04
Camille JEAN dit Nasson est né le 15 juillet 1961 à Port-au-Prince. Il commence à travailler la sculpture dès l’âge de huit ans en utilisant les clous et les noyaux d’avocat. A treize ans, il est initié à l’art religieux par le père Léonel Dehoux. En 1983, il rencontre un artiste italien Angelo Vanenda qui lui apprend l’anatomie. A cette même époque, Nasson sculpte à l’intention du pape Jean Paul II, la Vierge CZECHONOWA. Le pape, en guise de remerciement, lui envoie un chapelet. Alors, il prend conscience de ses capacités de sculpteur et se met au travail du bois et de la pierre. Il fréquente l’atelier des Pères Salésiens, où il rencontre des sculpteurs, fait de la musique et chante. Il fonde avec eux le groupe musical, Nacovy, qui se produit à Rivière Froide, localité où il vit depuis son enfance. Là, il travaille avec les sculpteurs Jean Salomon Horace dit Ti Pèlin et Brunel Rocklor à la formation des jeunes et à la défense de l’environnement. Il produit à ses débuts des sculptures pour le cimetière de sa localité. Son œuvre de puissante expressivité s’est orientée vers l’incrustation de matériaux recyclés sur une structure en bois sculpté. Sa rencontre avec l’artiste Mario Benjamin en 1987 avec lequel il fait l’expérience d’œuvres combinées, est déterminante.

